La France remet à niveau son arsenal de lutte anticorruption
La France va se munir d’un arsenal de lutte contre la corruption digne de ce nom. Le ministre des Finances Michel Sapin, en a fait l’annonce hier en présentant en conseil des ministres les grandes lignes de son projet de loi sur «la transparence de la vie économique».
Le texte sera finalisé d’ici à la fin de l’année pour être débattu début 2016 au Parlement, précise Bercy dans un communiqué. Il prévoit notamment la création d’une agence nationale de détection et de prévention de la corruption pour contrôler les politiques mises en place par les entreprises. Dotée d’un pouvoir de sanctions, elle sera également chargée d’un rôle de prévention de la récidive. Elle devrait disposer des moyens de protéger les lanceurs d’alerte en saisissant elle-même la justice si les salariés d’une entreprise hésitent à le faire en leur propre nom.
La création de cette agence fait suite à une série de condamnations d’entreprises françaises à l'étranger, comme Alstom fin 2014 et surtout BNP Paribas, sévèrement sanctionnée il y a un an aux Etats-Unis pour avoir violé des embargos américains contre l’Iran, le Soudan et Cuba. L’automne dernier, l’OCDE avait critiqué la France pour l’insuffisance de son arsenal législatif et son peu d’empressement à poursuivre les entreprises nationales qui se rendent coupables de corruption d’agents publics étrangers. L’association Transparency International, qui a salué hier l’annonce du gouvernement, épinglait régulièrement le pays sur ces sujets.
Le projet de loi prévoira par ailleurs l’inscription obligatoire des «représentants d’intérêt» ou lobbyistes sur un registre national. L’idée avait été recommandée dans un rapport remis en début d’année à François Hollande par le président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, Jean-Louis Nadal.
Le projet de loi permettra de transposer en droit français la dernière directive européenne de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, point de vigilance des banques et des assureurs. Enfin, le texte sera l’occasion de réformer le régime de sanctions des abus de marché. Paris tirera ainsi les conséquences de la censure, par le Conseil constitutionnel, du cumul de poursuites administratives et pénales pour de mêmes infractions boursières, au nom du principe du «non bis in idem».
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds Défense de Bpifrance collecte 100 millions d'euros auprès des particuliers
La banque publique d'investissement avait lancé en octobre dernier un fonds ouvert aux particuliers qui investit dans les entreprises non cotées du secteur de la défense en France. -
La Banque du Japon porte ses taux à un plus haut de 31 ans
La banque centrale a augmenté son taux directeur à court terme de 0,75 % à 1% face à la hausse de l'inflation due à la guerre au Moyen-Orient. -
BlackRock supprime de nouveau des postes
Larry Fink a adopté un processus de rationalisation de l’emploi au sein de BlackRock plus discret et en continu, rapporte Bloomberg. Le plus grand gestionnaire d’actifs au monde entame en effet une nouvelle vague de suppressions de postes correspondant à
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Etats-Unis : un bombardier lourd B-52 s’écrase en Californie, huit morts
Un bombardier lourd américain B-52 Stratofortress s’est écrasé, lundi 15 juin, peu après son décollage de la base d’Edwards, en Californie. Les huit membres d'équipage sont morts, selon l’armée américaine -
Electron librePrésidentielle : Xavier Bertrand, candidat sous-marin
Discret depuis les municipales, le président (Les Républicains) des Hauts-de-France n'a pourtant renoncé à rien -
SuccessionA deux jours du scrutin clé de Makerfield, Keir Starmer plus affaibli que jamais
Le Premier ministre travailliste vacille sous les démissions en chaîne. Son rival pour Downing Street pourrait ouvrir la succession