La flambée de la facture de carburant plonge Easyjet dans un tour d’air

La compagnie aérienne britannique a publié comme prévu un quasi-doublement de sa perte semestrielle, sur fond de moral en berne du consommateur
Benoît Menou

Easyjet navigue à vue au sein d’un secteur aérien frappé par l’envolée des coûts de carburant et la morosité du consommateur européen. La compagnie aérienne britannique a publié hier, conformément à l’avertissement lancé en janvier dernier, un quasi-doublement de sa perte semestrielle avant impôts au 31 mars, à 153 millions de livres (174 millions d’euros).

Le chiffre d’affaires a pourtant progressé de 8,1%, à 1,27 milliard de livres (pour un nombre de passagers en hausse de 11,6% à 23,9 millions) et les coûts unitaires par siège hors carburant ont baissé de 1,2%. Las, comme le souligne la directrice générale Carolyn McCall, le semestre écoulé «a été rude avec l’envolée des coûts du carburant, combinée à l’attitude prudente des consommateurs et à l’impact négatif des taxes sur les passagers». Ce dernier s’est élevé à 21 millions sur six mois, la hausse du prix des carburants ayant coûté 43 millions de livres, un effet limité grâce à une couverture de 78% des besoins.

Lundi déjà, Boeing a mis en avant la menace que constitue la hausse de la facture de carburant pour les compagnies aériennes. Randy Tinseth, haut responsable des ventes d’appareils commerciaux, a ainsi prévenu que «la rentabilité va être en berne (en 2011) du fait du coût élevé du carburant et d’une croissance qui n’est pas aussi dynamique que l’année dernière.» Le Moyen-Orient pourrait figurer en première ligne en termes de remise en cause de commandes.

Les analystes de Deutsche Bank, rappelant que le titre Easyjet a fait bien pâle figure au sein du secteur aérien au premier trimestre 2011, avancent que le groupe est perçu comme étant moins capable que ses concurrents de répercuter des charges en hausse sur le prix de vente des billets. Le groupe se dit pourtant «bien placé à moyen terme» pour rétablir des marges mises à mal, grâce à la force de son réseau, associée à une allocation rigoureuse de ses capacités de vol et à la poursuite des efforts sur la maîtrise des coûts. Des arguments validés par les analystes de la banque allemande, qui saluent la présence d’Easyjet sur plus de vingt bases à travers le Vieux Continent. Faisant état d’une confiance encore faible envers la nouvelle direction du groupe, Deutsche Bank reconnaît par ailleurs que «toute annonce positive» ne passerait pas inaperçue, étant donné qu’aujourd’hui malheureusement les espoirs sont minces.

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