La faillite d’Elpida serait moins douloureuse pour les obligataires que celle de JAL
La chute de 98% de l’action Elpida à 4 yens aujourd’hui est la conséquence logique du dépôt de bilan annoncé en début de semaine par le dernier fabricant japonais de mémoires Dram. La Bourse de Tokyo a indiqué avoir suspendu les limites de variation journalière pour ce titre qui n’a pu être négocié pendant une partie de la séance en raison de l’afflux d’ordres de vente. Selon les statistiques du cabinet Tokyo Shoko Research, cette faillite serait la plus importante au Japon depuis celle de Japan Airlines (JAL) qui affichait en janvier 2010 des dettes atteignant 2.320 milliards de yen.
Ployant sous une dette de 448 milliards de yens (4,14 milliards d’euros), Elpida va profiter du gel de ses créances obtenu pour préparer dans les six semaines un plan de redressement de ses activités. Un pari difficile pour le numéro 3 mondial du secteur derrière Samsung et Hynix, qui avait déjà bénéficié de subventions et de prêts publics totalisant 140 milliards de yens en 2009. Sa dette obligataire atteint 138,5 milliards de yens (1,8 milliards d’euros), soit 31% de l’endettement total et le groupe a annoncé être incapable d’honorer 6 échéances obligataires, dont la prochaine tombait le 22 mars. Japan Credit Rating Agency a dégradé la dette senior du groupe à «D», signalant un défaut de paiement.
Selon les analystes de Bank of America, «le taux de recouvrement de la dette obligataire devrait être d’environ 19%», tandis que ceux de Deutsche Bank prévoient un taux compris entre 10 et 20%. «Le consensus de marché tourne autour de 17% à 18% en ce moment», indique Taketoshi Tsuchiya, responsable du desk crédit chez Barclays. Ces créanciers obligataires seraient donc un peu mieux traités que dans le cas de JAL où le taux de recouvrement a été de 12,5%.
«Cette industrie est oligopolistique, il est donc difficile d’imaginer des candidats qui se feraient concurrence pour investir au capital ou proposer de racheter la société à un prix élevé», estime de son côté Atsuhi Uno, analyste chez Nomura Holdings. Il ajoute que les taux de recouvrement sont particulièrement bas au Japon compte tenu du fait que «de nombreux cas de mise sous protection en vertu de la loi sur la faillite surviennent alors que la qualité de crédit des groupes est déjà durablement affectée». Au niveau mondial, le taux de recouvrement de la dette senior obligataire était de 49,5% en 2010, selon Moody’s Investor Service.
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