La faiblesse des commandes pèse sur le cash-flow d’Alstom
L’intégration de Grid (ex-partie d’Areva T&D) a pesé sur la rentabilité d’Alstom. Consolidé depuis juin, elle a réalisé une marge opérationnelle de 5,8%, tandis que le reste des activités a dégagé une rentabilité de 7,6% sur le premier semestre du groupe (à fin septembre). Conséquence, cette branche a en partie contribué au recul de la marge d’Alstom de 8,6% à 7,3% sur un an.
Toutefois, cet effet était attendu. Et si la marge globale reste un peu inférieure aux attentes (7,7%), ce n’est pas cet indicateur qui a retenu l’attention hier. D’autant que l’objectif de marge a été maintenu entre 7 et 8% pour l’exercice en cours et le suivant. Le marché a surtout été surpris par le cash-flow libre négatif de 963 millions d’euros. «Nous anticipions -201 millions», rappelle Oddo.
Le groupe l’explique par la faiblesse de ses commandes. Pratiquement stables en ajoutant celles de Grid (à 7 milliards) et en recul de 21% à 5,6 milliards en comparable, elles sont certes globalement en ligne avec les attentes. En revanche, leur nature diffère des contrats de l’an passé. Outre de moindres volumes, l’absence de grands contrats «clé en main» a pesé sur le niveau des avances reçues.
Le groupe espère tout de même du mieux sur la fin de l’exercice. «A fin septembre, le volume d’offres faites était supérieur de 20% à celui d’il y a un an», a précisé le PDG Patrick Kron indiquant que cela laissait espérer des commandes supérieures au second semestre. Déjà, des commandes s’élevant à 2,9 milliards d’euros ont été reçues depuis fin septembre. Dans ces conditions, Alstom vise un cash-flow libre positif sur la deuxième moitié de l’exercice.
En attendant, le bilan a considérablement évolué depuis mars dernier. Habitué à une trésorerie excédentaire ces dernières années, Alstom a désormais une dette nette de 1,47 milliard d’euros. La conséquence du cash-flow négatif mais aussi de l’acquisition de Grid (2,35 milliards) à laquelle s’est ajouté un versement de dividende de 364 millions.
Le groupe rappelé que le gearing reste mesuré, à 37%, et que l’endettement bénéficiera du retour dans le vert du cash-flow au second semestre. Les analystes ne se sont pas non plus alarmés de la situation. Pour autant, «nous continuons à penser que le groupe devrait voir sa notation BBB+ abaissée par S&P», écrit Oddo.
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