La faiblesse dans l’Hexagone pèse sur la valorisation de France Télécom
France Télécom n’a encore engagé aucune action concrète en vue de céder l’un ou l’autre de ses différents opérateurs européens. «La revue se fait en ce moment», a indiqué hier Gervais Pellissier, le directeur financier de l’opérateur, avant de préciser que cela «ne conduit pas forcément à des cessions». Quoi qu’il en soit, selon Gervais Pellissier, la France, la Pologne et l’Espagne, les trois principaux marchés du groupe en Europe, ne sont pas concernés, tout comme la Grande-Bretagne où la filiale a déjà été fusionnée avec celle de Deutsche Telekom l’an dernier. En revanche, tout semble ouvert pour la Belgique, la Suisse, l’Autriche, la Slovaquie, la Roumanie, la Moldavie et l’Arménie.
Le passage en revue de ses actifs, un examen «classique» selon le groupe, doit permettre à France Télécom de retrouver sa respiration alors que son activité est partout sous pression en Europe, comme l’a reconnu récemment Stéphane Richard (L’Agefi du 28 avril), et plus particulièrement en France. Au premier trimestre, ses ventes dans l’Hexagone, son premier marché, ont plié de 2,5% à 5,6 milliards d’euros. Si le mobile tient finalement assez bien (+2% à 2,6 milliards d’euros), le fixe chute de 4,9% à 3,2 milliards d’euros, en raison du déclin des lignes téléphoniques classiques mais aussi d’une concurrence renforcée dans l’ADSL. Résultat: malgré la contribution des autres pays, l’excédent brut d’exploitation du groupe a baissé de 5% au premier trimestre à 3,7 milliards.
Malgré le développement du groupe dans le bassin méditerranéen (Egypte, Tunisie, Maroc) et en Afrique, la France reste le cœur du modèle économique de France Télécom. Elle représente à elle seule 56% de la valeur estimée des actifs du groupe. La sortie d’un ou de plusieurs pays «périphériques» européens ne règlerait pas directement le problème d’essoufflement en France. Mais elle permettrait au groupe de trouver plus de marge pour redynamiser sa politique dans l’Hexagone ou accélérer son déploiement dans les pays en croissance.
La faiblesse du marché français explique le niveau de valorisation actuel du groupe, à seulement 5,4 fois la valeur d’entreprise sur Ebitda. Depuis un an, le groupe a décroché, à la fois par rapport à l’indice Stoxx Telecom mais aussi par rapport à son comparable Deutsche Telekom. L’action France Télécom stagne depuis plus d’un an quand celle de l’allemand a gagné 19% grâce, justement, à sa décision de vendre sa filiale américaine T-Mobile à AT&T.
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