La facture carburant ne cesse d’assombrir l’horizon du secteur aérien mondial
A en croire l’Association internationale du transport aérien (Iata), le secteur navigue à vue. Selon elle, la marge nette attendue en 2011 se réduira comme peau de chagrin à 0,7%. Soit un bénéfice net cumulé pour les membres de l’association de 4 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de 598 milliards. «Il n’existe plus qu’un bien maigre coussin contre de nouveaux chocs», se lamente le directeur général de l’Iata, Giovanni Bisignani, pour qui «le fait d’engranger un résultat positif au cours d’une année riche d’une telle combinaison de chocs sans précédent résulte d’un équilibre très fragile».
La prévision de bénéfice a été amputée de plus de la moitié (8,6 milliards envisagés il y a trois mois), sur fond des chocs avérés comme la flambée des prix pétroliers, l’environnement géopolitique chahuté en Afrique du Nord et au Moyen-Orient et la catastrophe naturelle au Japon. La chute est douloureuse face au résultat cumulé de 18 milliards observé l’an passé.
Même si pour Giovanni Bisignani «les gains de productivité de la dernière décennie et l’amélioration de l’environnement économique mondial compensent le prix élevé du carburant», ce dernier reste une plaie ouverte pour le secteur. L’Iata a relevé de 15% à 110 dollars son estimation du prix moyen du baril de Brent sur l’ensemble de l’exercice en cours. Et alors que le carburant constitue déjà 30% des charges des compagnies aériennes (soit 176 milliards), contre 13% en 2001, chaque dollar d’augmentation représente selon l’association un coût supplémentaire de 1,6 milliard pour le secteur. De quoi faire fondre comme neige au soleil le bénéfice cumulé estimé, la moitié des besoins bénéficiant d’une couverture aux niveaux de prix de 2010. Il y a une décennie «nous avions besoin d’un pétrole en-dessous de 25 dollars par baril pour être rentable», rappelle le président de l’association.
L’Iata s’alarme en parallèle des difficultés du secteur à faire coïncider progression de l’offre (+5,8% en 2011 pour le trafic passager et le fret) et de la demande (+4,7%). L’écart a ainsi bondi de 0,3 à 1,1 point en trois mois. Tout juste le patron de l’Iata entrevoit-il une lueur d’espoir grâce à la fin de «l’expansion monétaire qui a nourri l’essor de l’investissement financier dans les matières premières».
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