La distribution de crédit aux microentreprises en France est restée positive depuis 2008
Le crédit bancaire accordé aux sociétés non financières s’est mieux tenu dans l’Hexagone que dans les autres grands pays européens depuis la crise financière, montre l’Insee dans la dernière édition de son rapport sur «les entreprises en France» publié aujourd’hui. Malgré une période de contraction entre l’automne 2009 et l’été 2010, «l’encours de crédit reste début 2014 en France supérieur de 2% à celui de 2008, alors qu’il est plus faible de 11% pour l’ensemble des pays de la zone euro et de 30% au Royaume-Uni», relève l’étude qui s’appuie sur des statistiques de la Banque de France et de la BCE.
Cette évolution globalement favorable masque néanmoins des divergences importantes selon la catégorie d’entreprise et la nature des crédits.
Tout comme celui consenti au secteur de l’immobilier, le crédit aux microentreprises (moins de 10 personnes, chiffre d’affaires annuel ou total de bilan inférieur à 2 millions d’euros) est de façon inattendue resté positif sur l’ensemble de la période. A contrario, le crédit distribué aux autres PME françaises (moins de 250 personnes, chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros) évolue depuis 2012 «à un rythme peu dynamique et assez proche du crédit distribué aux grandes entreprises». Mais ces dernières ont trouvé d’autres sources de financement grâce à la désintermédiation. Les holdings affichent de leur côté un encours de crédit en fort repli depuis l’automne 2008. Si les crédits à l’investissement ont poursuivi leur légère croissance, la contraction des crédits de trésorerie s’est par ailleurs accentuée en 2013 (-4,9% après -4,2% en 2012).
Une modélisation économétrique réalisée sur un échantillon de 60.000 PME indépendantes confirme que la faible performance de la distribution du crédit bancaire en France émane principalement d’une faiblesse de la demande de crédit et non d’un rationnement de celui-ci. Font exception les jeunes entreprises et celles qui souffrent d’une situation financière précaire, les banques pouvant alors craindre un risque significatif de non-remboursement.
Une explication possible à cette offre de crédit relativement ouverte tient à la mise en place de la médiation du crédit dès la fin 2008. Mais «le coût du crédit aux PME a connu une diminution moins marquée que celle du crédit aux grandes entreprises», relève l’Insee.
Plus d'articles du même thème
-
L’assureur japonais Meiji Yasuda va acquérir environ 5% de Man Group
L'investisseur institutionnel japonais va investir 200 milliards de yens dans les stratégies du gestionnaire britannique alternatif Man Group sur trois ans. -
Dans l’immobilier, le syndrome «not in my back yard» peut générer de la valeur
Les oppositions locales, illustrées par le syndrome du «pas chez moi», freinent l'offre immobilière mais favorisent la hausse des loyers des biens déjà existants. -
PARTENARIATPrivate equity européen : une opportunité à considérer de près
Le lower mid-market européen attire par sa complexité et ses valorisations. Le co-investissement en facilite l’accès.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
RévolutionJean-Pierre Grimaud : « La capitalisation ne sauvera pas la répartition, elle viendra la compléter »
Précis, le directeur général d’Ofi Invest croit désormais possible en France une « retraite collective obligatoire par capitalisation » -
IdentitésPrésidentielle : l'anomie et ses boucs émissaires
Dans Le Suicide (1897), Durkheim décrit une société où les désirs, faute de limites, deviennent insatiables, et où chacun souffre de ce qu'il appelle le « mal de l'infini » -
La Fabrique de l'OpinionShahin Vallée : « La France a besoin d'une nouvelle règle budgétaire transpartisane »
Face aux inquiétudes sur la situation financière de la France et au spectre d'une paralysie politique en 2027, l'économiste plaide pour une règle constitutionnelle fondée sur la dépense, plus crédible et plus neutre que celle du RN.