La démission du PDG de Sacyr rebat les cartes sur Repsol
Le président de Repsol, Antonio Brufau, peut enfin respirer: son rival Luis del Rivero, président du groupe espagnol de BTP Sacyr Vallehermoso, a démissionné sous la pression de son propre conseil d’administration. C’est Manuel Manrique, ex vice-président de la compagnie, qui lui succède. Ce dernier a déjà rencontré vendredi Antonio Brufau «dans une ambiance cordiale et un esprit de collaboration».
Il faut dire que depuis l’alliance stratégique entre Sacyr et la compagnie pétrolière mexicaine Pemex, Antonio Brufau avait de quoi s’inquiéter. Cet accord très controversé avait porté la participation du couple Sacyr-Pemex à 29,8% dans Repsol, ce qui revenait de fait à une prise de contrôle. De cette façon, le redoutable patron de Sacyr aurait pu prendre des décisions auxquelles Brufau s’opposait depuis des années. Luis del Rivero poussait ainsi Antonio Brufau «à distribuer plus de dividendes afin de pouvoir payer ses dettes alors que la stratégie de la compagnie était d’investir dans l’exploration de nouveaux gisements dans le monde», explique Manuel de Romera, directeur du secteur des finances à l’IE Business School. Des sources du secteur indiquent que l’homme d’affaires espagnol était prêt à vendre des actifs de la compagnie pétrolière. Voire à prendre la tête de Repsol.
Luis del Rivero avait fortement endetté son groupe pour acheter la participation de 20% dans Repsol. Or, c’est justement la question du remboursement de ce prêt syndiqué de 5 milliards, que Sacyr avait contracté auprès de plusieurs banques pour acheter sa part dans la pétrolière, qui en a fini avec «ce battant au fort tempérament». Pressé par l’échéance du remboursement fixée au 21 décembre, Luis del Rivero est allé trop loin. « l a fini par fatiguer les actionnaires présents à son conseil d’administration», estime Manuel de Romera.
Car si le patron de Repsol s’inquiète de l’alliance passée entre Pemex et Repsol, les actionnaires de Sacyr se demandent eux comment ils vont payer l’importante dette à leurs créanciers. Et il ne fait aucun doute que lors de la réunion de vendredi, les deux hommes aient partagé leurs préoccupations. «Le jour où sera annoncée l’annulation du pacte Sacyr Pemex sera une bonne nouvelle pour Repsol», estime un expert proche du secteur. La rumeur d’une vente de la participation de Sacyr dans Repsol circule depuis la semaine dernière.
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