La défiance des marchés atteint des sommets sur la dette de BP
Tandis que les dépenses liées à la marée noire atteignent désormais près de 1,5 milliard de dollars pour BP, la perception de la qualité de la dette du pétrolier par les investisseurs crédit s’est dégradée à grande vitesse au cours des derniers jours. Selon les chiffres de CMA Datavision, le coût de la protection à 5 ans contre un défaut du groupe pétrolier sur sa dette, mesuré par les CDS (credit default swaps), a augmenté hier de 138 points de base (pb) pour atteindre 524 pb, ce qui correspond à une probabilité de défaut de 35%. En deux jours les CDS se sont ainsi creusés de près de 250 pb et de plus de 420 pb depuis le début du mois.
Cette détérioration est d’autant plus spectaculaire que les CDS du groupe était traditionnellement stables et inférieurs à 50 bp (voir graphique). Un tel écartement signifie que le marché assimile désormais la dette de BP à celle d’une entreprise notée en catégorie «spéculative». «Le marché du crédit anticipe désormais une surveillance réglementaire accrue et de très lourds dommages compensatoires», commente Michael Donelan, gérant obligataire chez Ryan Labs à New York.
Ceci a bien sûr un impact sur la dette obligataire du groupe dont les rendements sont en forte hausse, surtout pour les lignes libellées en dollar. Par rapport à fin avril, l’augmentation du coût de la dette équivaut à «33 millions de dollars supplémentaires payés annuellement au titre des intérêts pour chaque milliard de dollars emprunté par BP», selon Bloomberg. La Bourse n’a guère été plus indulgente puisque le certificat d’action (ADR) coté à New York a atteint mercredi un plus bas de quatorze ans et que l’action a encore reculé de 6,7% hier à Londres.
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