La décision de scinder Carrefour ne semble pas avoir fait l’unanimité
Une scission dans la douleur. De manière sibylline, dans le communiqué présentant ses résultats 2010, Carrefour a précisé que Jean-Martin Folz, vice-président et administrateur indépendant du conseil de Carrefour, a démissionné, «pour raisons personnelles» avec effet le 1er mars, jour même de la prise de décision des scissions des pôles hard discount et immobilier. Ce choix ne semble donc pas avoir fait l’unanimité au sein du conseil. D’ailleurs, Lars Olofsson, administrateur directeur général de Carrefour, s’est refusé à commenter ce départ surprise.
Néanmoins, Blue Capital (Colony Capital et Groupe Arnault), avec seulement 14% du capital et 20% des droits de vote, semble avoir convaincu les autres administrateurs. Pour ce projet, en plus des conseils mandatés par l’entreprise, le conseil d’administration s'était adjoint le conseil de Nomura. En attendant, les intentions de Blue Capital ne sont toujours pas connues. «Les modalités des clauses de lock-up [engagement de conservation] seront données le moment voulu», précise Pierre Bouchut, directeur financier de Carrefour.
Cette scission doit permettre à Carrefour de se concentrer sur son plan de transformation, a martelé Lars Olofsson. La séparation de Dia est une vieille idée. «Quand je suis arrivé début 2009, il y avait déjà des projets de ventes de Dia depuis longtemps, explique Lars Olofsson, administrateur directeur général de Carrefour. Soit nous intégrions Dia dans Carrefour, et nous détruisions de la valeur, soit nous le vendions, mais nous pensions ne pas capter toute la valeur actuelle et future de Dia». Dia et Carrefour conserveront néanmoins un partenariat en Europe. Dia portera une dette nette de 625 millions fin 2010, soit un ratio dette nette sur Ebitda de 1,2.
Pour sa part Carrefour Property (CP) portera une dette de 4,7 à 4,9 milliards d’euros, et vise un ratio loan-to-value [dette financière nette sur valeur du patrimoine] de 40 à 45% sur 2011-2015. La scission limitée à 25% s’explique par la volonté de CP de garder ses hypermarchés, soit plus de 80% de ses actifs. En revanche, la foncière compte céder les trois quarts des supermarchés français, d’une valeur brute de 1,4 milliard d’euros.
Du côté des agences, la scission est mal perçue. S&P a abaissé hier la note de Carrefour de «A-» à «BBB+», avec possibilité de nouvelle dégradation en cas de nouvelle rémunération des actionnaires ou de recul de la profitabilité. La veille Fitch avait placé sa note «A-» sous surveillance négative.
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