La crise ukrainienne ne gêne pas les affaires russo-occidentales
Ni les bruits de bottes à la frontière russo-ukrainienne, ni les différentes sanctions prises par les occidentaux ou Moscou ne semblent en mesure de troubler le bon déroulement des affaires en Russie. Si tous les groupes occidentaux surveillent l’évolution de la situation, aucun abandon ou report de projet n’a été annoncé ces derniers jours. Malgré la dette pharaonique de son premier actionnaire russe Vimpelcom, l’opérateur de télécoms italien Wind a par exemple réussi à se refinancer la semaine dernière. La filiale autrichienne de la banque Sberbank a pour sa part levé 350 millions d’euros sans difficulté notable.
Vendredi, Leoni Mikhelson, le directeur général de Novatek, numéro deux russe du gaz, a assuré que les sanctions décrétées par les Etats-Unis contre l’oligarque Gennady Timtchenko, détenteur de 23,5% du capital, n’auraient pas de conséquences négatives. L’action du groupe gazier, qui avait chuté de 13% au moment de l’annonce des sanctions, a depuis quasiment retrouvé son cours d’origine. Selon Leoni Mikhelson, le projet Yamal, développé avec China National Petroleum et Total n’est pas menacé. Les discussions sont en cours avec des prêteurs potentiels, notamment chinois, pour financer la construction de l’usine d’exportation du gaz naturel liquéfié.
Total lui-même poursuit ses prospections en Russie. En plus de ses relations avec Novatek dont il détient déjà 17% du capital avec une option pour monter à 19,4%, le groupe explore la voie des gaz de schiste dans le pays avec Lukoil. L’allemand BASF serait également sur les rangs pour se rapprocher du groupe pétrolier russe, le seul à ne pas avoir encore noué de partenariat fort avec des Occidentaux. La semaine dernière, malgré les critiques, le président de Siemens a confirmé au Kremlin, devant Vladimir Poutine, sa volonté de poursuivre sa collaboration avec Gazprom dans le cadre du partenariat stratégique noué entre les deux groupes en 2011.
Troisième puissance pétrolière mondiale, après l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, la Russie ne peut pas se couper des marchés extérieurs. L’Europe est par exemple le premier client de Gazprom. Mais de son côté, l’Union européenne ne peut se passer du gaz russe, qui représente à lui seul un tiers de ses approvisionnements. Changer ses sources pourrait lui coûter 50% plus cher que les 53 milliards d’euros payés chaque année, selon les calculs de l’institut Bruegel.
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