La crise renvoie au monde d’avant pour le choix des dirigeants
L’attentisme prévaut en temps de crise. Depuis le mois de mars dernier, seulement 30 nouveaux directeurs généraux (CEO) ont été nommés, constate la septième édition de l’étude «Route to the Top» du cabinet de chasse de têtes Heidrick & Struggles, réalisée auprès de 956 dirigeants dans 21 pays. Et ces nouveaux dirigeants affichent le profil du monde d’avant, avec une surreprésentation des hommes, plus expérimentés et plus âgés (50 ans en moyenne). En effet, 63% des patrons nommés depuis le mois de mars étaient déjà dirigeants, contre seulement 44% fin 2019. Mauvais signe, seulement 6% de femmes figurent parmi ces nouveaux patrons, contre 12% fin 2019, et seuls 13% des nouveaux dirigeants proviennent d’un autre secteur, contre 23% fin 2019.
Ces nouveaux CEO ont davantage été recrutés en externe (47%), contre 35% auparavant. Toutefois, les dirigeants nommés en interne affichent un profil plus jeune, plus disruptif et moins académique. La crise exige des CEO deux compétences particulières. L’agilité et la vigilance afin d’identifier rapidement les signaux faibles pour s’adapter, d’une part. L’authenticité et l’empathie pour embarquer les équipes autour d’un projet, explique Hervé Borensztejn, partner et regional leader d’Heidrick Consulting.
Les cursus de ces nouveaux dirigeants sont de plus en plus variés. Ceux venant de l’extérieur ont souvent une expérience de gestion de crise comme PDG, tandis que ceux provenant de l’interne ont été patrons de filiale (18%), directeur des opérations (15%) ou directeur financier (12%). Quatre qualités sont exigées des nouveaux dirigeants de grandes entreprises : une expérienceinternationale, désormais incontournable, même pour diriger une ETI ; la capacité de délivrer des résultats et de tenir les promesses données au marché financier ; la capacité de se transformer et de se remettre en cause ; et l’agilité nécessaire pour faire face à l’incertitude, explique Hervé Borensztejn.
Le profil type du patron d’une société française cotée – nommé entre juillet 2019 et juillet 2020 – est un homme (97%), français (88%), âgé de 49 ans, promu en interne (à 80% contre 66% en 2019), diplômé d’une grande école (63%), et déjà dirigeant auparavant (93% contre 76% en 2019).
«Si au printemps 2021, les vaccins sont en place et donnent des résultats, nous devrions constater un effet de rattrapage, avec plus de dynamique dans la succession des grands patrons, anticipe Hervé Borensztejn. Mais si la crise perdure, l’attentisme demeurera.»
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