La crise égyptienne sert de prétexte à des prises de bénéfices en Europe
Après la chute enregistrée sur les bourses asiatiques, les marchés européens ont initialement réagi hier par une baisse modérée à l’amplification de la crise égyptienne, avant de contenir leurs pertes dans l’après-midi. L’indice Stoxx Europe 600 a terminé la séance sur une baisse de 0,14%. La préoccupation des investisseurs n’a donc pas entraîné de mouvement de panique, même si 10 des 18 indices phares des places d’Europe occidentale ont clôturé en léger repli. «Les tensions géopolitiques en Egypte servent de prétexte commode aux investisseurs pour prendre des bénéfices», juge à l’instar d’autres professionnels Cameron Peacock, analyste chez IG Markets. Sur l’ensemble du mois de janvier, l’indice Stoxx 600 termine ainsi sur un gain de 1,5%.
Le secteur du tourisme et du transport aérien a été l’un des plus chahutés avec une chute respective de 3% et 2,5% des cours de bourse de Thomas Cook et TUI Travel, la plupart des tour-opérateurs ayant annulé leurs départs vers l’Egypte. Club Méditerranée ou Air France-KLM ont également été pénalisés par ce mouvement de défiance avec un repli de 4,3% et 1,9%.
Certaines valeurs cimentières ont fait les frais de leur implantation significative dans ce pays, comme le cimentier Vicat dont l’action a perdu 3,6% : il réalise en effet 15% de son activité sur le marché égyptien. Lafarge, dont le cours s’est replié de 1,7%, a déclaré avoir temporairement suspendu sa production en Egypte, à l’origine de 4% de son chiffre d’affaires sur l’année 2009. Il a annoncé comme plusieurs grands groupes européens (Danone, Schneider, Accor, Heineken…) le rapatriement d’une partie de son personnel expatrié.
Au sein du compartiment financier, le bureau d’analyse d’Oddo Securities cite parmi les banques les plus exposées «Société Générale, Intesa San Paolo et Crédit Agricole», pour lesquelles l’Egypte représente entre 4% et 2% du bénéfice net. L’action Société Générale a perdu 2,3%.
Les analystes de Citigroup ne croient pas que la situation égyptienne conduise en soi à «un repli prolongé des marchés boursiers». En revanche, une propagation de la crise à d’autres régimes autocratiques du Proche-Orient, susceptible de déstabiliser l’approvisionnement pétrolier, «provoquerait une forte hausse des prix du baril qui menacerait alors la croissance mondiale».
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