La crise de la dette en zone euro paralyse le marché asiatique des IPO

Graff Diamonds et le Circuit de Formule 1, nouvelles victimes de la frilosité des investisseurs, ont renoncé à leur entrée en Bourse
Benoît Menou
Photo: Jérôme Favre/Bloomberg News
Photo: Jérôme Favre/Bloomberg News  - 

Evoquant des marchés actions en repli constant, le joaillier londonien Graff Diamonds a renoncé hier à son introduction en Bourse de Hong Kong, à la veille de la valorisation de l’opération. Le point médian de la fourchette indicative de prix accordait au prétendant à la cotation une valorisation de 32 milliards de dollars locaux, l’équivalent de 3,3 milliards d’euros, lui permettant de récolter 820 millions d’euros. Graff assure pouvoir remettre l’opération à l’ordre du jour lorsque les marchés ne constitueront plus «un obstacle». Cette nuit, c’est le circuit automobile de Formule 1 qui a semble-t-il également jeté l'éponge en repoussant son projet d’IPO à Singapour.

Les investisseurs n’ont pas répondu à l’appel de Graff, le Financial Times indiquant que la demande de titres ne représentait mardi soir que la moitié de ceux offerts dans le cadre d’une opération dirigée par Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs et Morgan Stanley.

Le joaillier n’est que la dernière victime de la fébrilité des marchés, dans le sillage, tant des incertitudes entourant jusqu’en Asie la crise de la dette souveraine en zone euro, que des interrogations quant à la croissance économique de la zone, et particulièrement chinoise. L’américain Tiffany a ainsi revu à la baisse la semaine dernière son objectif annuel de chiffre d’affaires, évoquant le ralentissement de marchés cruciaux comme la Chine.

Au-delà d’un manque d’enthousiasme pour le luxe, l’IPO de Graff est la quatrième à devoir être annulée cette semaine en Asie, après deux déconvenues à Hong Kong encore et une à Singapour, ces trois opérations sollicitant le marché à hauteur de 1,1 milliard d’euros. Reuters souligne qu’en Asie hors-Japon, 46 opérations ont été annulées cette année pour un montant total de 6,2 milliards. Dès lors, le volume des IPO à Hong Kong a chuté de 85% sur les 5 premiers mois de l’année par rapport à début 2011, et, sur l’ensemble de la zone Asie-Pacifique, le volume d’émission d’actions, y compris les offres secondaires, est en repli d’un tiers environ.

Et la liste des désillusions pourrait s’allonger. Il n’empêche que le plus important dossier actuellement en préparation en Asie, celui de la privatisation de l’assureur chinois PICC, devrait bénéficier du soutien de la puissance publique locale. Quant au producteur malaisien d’huile de palme Felda, il a présenté hier les premiers éléments d’une IPO qui pourrait lui permettre de lever 2,7 milliards d’euros.

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