La consolidation se poursuit sur le marché des logiciels outre-Atlantique
La course à la taille semble inépuisable dans le domaine des logiciels, comme en témoigne le rachat de l’américain Micros Systems annoncé hier par son compatriote Oracle pour 5,3 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros). Coutumier de la croissance externe avec une centaine d’acquisitions de toutes tailles effectuées au cours des dix dernières années, le géant californien devrait réaliser ainsi sa plus importante opération depuis la prise de contrôle du groupe informatique Sun Microsystems en 2009, pour lequel il avait déboursé 5,9 milliards de dollars.
Oracle propose aux actionnaires de sa cible un prix de 68 dollars par action, ce qui représente une légère prime de 3,4% par rapport au cours de clôture de l’action Micros Systems vendredi sur le Nasdaq. Le titre avait néanmoins progressé de 14% sur l’ensemble de la semaine dernière suite à des informations de Bloomberg faisant état de discussions entre les deux parties. Le groupe de Redwood avait déjà failli mettre la main sur cette entreprise voici six ans, les négociations ayant alors achoppé au dernier moment.
Fondée en 1977, Micros Systems est spécialisée dans les terminaux et logiciels destinés au secteur de l’hôtellerie, de la restauration et de la distribution. Situé dans la banlieue de Washington, le groupe qui emploie 6.500 personnes a dégagé une rentabilité nette de 14,2% sur un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de dollars sur son exercice clos le 30 juin 2013. La transaction, qui devrait être menée à bien au second semestre 2014 après l’aval des autorités réglementaires, «aura un effet relutif immédiat sur le bénéfice par action récurrent d’Oracle», a précisé son directeur financier Safra Catz.
Disposant d’une trésorerie de 39 milliards de dollars, Oracle «aura encore besoin d’autres transactions pour accélérer sa croissance à moyen terme», pronostique Daniel Ives, analyste chez FBR Capital Markets, en soulignant qu’il a un retard à rattraper sur le marché en forte croissance du «cloud computing» (informatique dématérialisée ou en nuages). Ses ventes ont en conséquence décliné ou progressé d’au maximum 5% sur chacun des onze derniers trimestres.
Etant donné que le développement de ces services dématérialisés aboutit à une contribution trimestrielle au chiffre d’affaires inférieure à celle qui provient des ventes traditionnelles de licences, la pression sur le groupe devrait encore se renforcer durant les prochains mois.
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