La consolidation des télécoms est plus aisée aux Etats-Unis qu’en Europe
Le niveau de concentration toléré par les autorités de régulation dans les télécoms est loin d’être le même des deux côtés de l’Atlantique. La Commission fédérale des communications (FCC) a annoncé mardi soir qu’elle autorisait Altice à acquérir Cablevision Systems aux Etats-Unis pour 17,7 milliards de dollars, passif inclus. La FCC a jugé que cette opération était «dans l’intérêt général» et noté que l’acquéreur «s’est engagé à investir dans la modernisation du réseau» de sa cible. Le groupe de télécoms contrôlé par Patrick Drahi attend encore l’autorisation de l’Etat de New York pour devenir le quatrième câblo-opérateur américain avec 3,1 millions d’abonnés.
La semaine dernière, le département de la Justice et la FCC avaient approuvé, moyennant certaines concessions, le rachat de Time Warner Cable et Bright House Networks par Charter Communications, pour respectivement 78 milliards et 10,4 milliards de dollars. Sous réserve de l’aval de l’Etat californien, le nouvel ensemble se hissera au deuxième rang des câblo-opérateurs du pays. Dans les télécoms mobiles, le marché est déjà très concentré avec quatre acteurs nationaux, alors que l’Union européenne en compte 39.
Sur le Vieux Continent, l’approche a radicalement changé depuis le renouvellement des équipes de la Commission européenne fin 2014. Alors que le précédent commissaire à la concurrence Joachim Almunia avait autorisé le passage de quatre à trois opérateurs mobiles en Allemagne et en Irlande, la commissaire actuelle Margrethe Vestager a fait échouer à l’automne 2015 le rapprochement entre TeliaSonera et Telenor au Danemark. Elle a en outre prolongé jusqu’au 18 août l’enquête ouverte sur le projet de fusion entre les opérateurs transalpins Wind et 3 Italia.
A plus court terme, le rachat, pour 10,3 milliards de livres, de O2, filiale de Telefonica, par Hutchison Whampoa semble mal engagé. Appuyée par la Competition and Market Authority (CMA) britannique, la Commission préparerait un veto formel. L’exécutif européen craint une hausse des prix et une dégradation de la concurrence, si le nombre d’acteurs outre-Manche passait de quatre à trois. Sa décision est attendue au plus tard le 19 mai.
{"title":"","image":"110899»,"legend":"","credit":"Illustration L’Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Une filiale de gestion d’actifs de la Société Générale finalise une acquisition en Roumanie
Après avoir annoncé l’opération en mars dernier, BRD Asset Management a clôturé le rachat de Patria AM. -
PGIM s'empare de la totalité de Deerpath Capital
Déjà détentrice de 75 % du capital du gérant de crédit privé, la filiale de gestion d’actifs de Prudential a acquis les 25 % restants. -
EQT présente une troisième offre pour le rachat de Perpetual
La société de capital-investissement suédoise EQT est revenue à la charge, lundi 27 juillet, pour tenter d’acquérir le groupe financier australien Perpetual, coté à la Bourse de Sydney.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
OpportunismeRomance entre Lula et Xi sur fond de défiance entre le Brésil et les Etats-Unis
Le gouvernement fédéral est prêt à un accord dé libre-échange entre la Chine et les pays du Mercosur -
Série (11/28)Un été d'essais politiques : Marchais, le dernier dinosaure
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Christian Gollier, président : « Je signe l'Accord de Pékin qui crée une taxe carbone mondiale »
SERIE. L'Opinion a demandé à Christian Gollier de se glisser dans la peau du locataire de l'Elysee. L'économiste imagine que les électeurs français et européens, chauffés à blanc par les canicules de l'été 2026 et fatigués par l'impuissance des partis traditionnels, portent au pouvoir les scientifiques du climat.