La consolidation dans les technologies de l’information est vouée à s’amplifier
Face à une «croissance organique durablement ralentie en Europe», les acteurs du secteur des technologies de l’information, éditeurs de logiciels et autres entreprises de services numériques (ESN ou SSII), se tournent «naturellement» vers la croissance externe. Tel est le jugement de Pierre-Yves Dargaud, président du cabinet de conseil APM spécialisé sur le secteur et auteur d’un baromètre annuel dévoilé cette semaine.
Ce dernier met en lumière une dynamique de croissance des fusions-acquisitions «spectaculaire» en France en 2013. Et ce mouvement semble «plus que jamais structurellement orientée à la hausse».
APM distingue trois raisons principales à cette «amplification» prévisible au sein d’un marché français «encore très fragmenté». Un nombre élevé de prétendants tout d’abord, «à l’appétit accru», passant par des investisseurs financiers pourtant encore prudents en 2013 mais restant intéressés par «des multiples de sortie parfois spectaculaires». Les attentes des grands clients ensuite, dont la politique de référencement tend à limiter le nombre de prestataires. De solides capacités d’investissement enfin de la part de grands acteurs du secteur disposant d’importantes réserves de liquidités et «d’un accès à du financement bon marché».
L’an passé déjà a vu la tendance s’engager, malgré un marché des services technologiques en berne. APM dénombre pour l’exercice écoulé 126 opérations de rachat de sociétés françaises, dont le chiffre d’affaires annuel représentait 2,1 milliards d’euros, un indicateur en progression de 90% (+106% à 1,65 milliard pour les ESN, +45% à 433 millions côté éditeurs de logiciels). Une hausse certes ramenée à 61% hors acquisition d’Osiatis par le belge Econocom.
APM relève par ailleurs la hausse de 59% du chiffre d’affaires moyen des cibles, à 16,5 millions d’euros (24 millions côté ESN, 8 millions pour les éditeurs de logiciels).
Le baromètre met également en exergue le «grand retour» des acheteurs étrangers, qui ont mis la main l’an passé sur l’équivalent d’un chiffre d’affaires de 703 millions d’euros par le biais de 23 opérations, contre 252 millions et 16 opérations en 2012. Les ESN indiennes ont dans ce cadre signé une «arrivée en fanfare», tandis que les prédateurs anglo-saxons ont confirmé leur intérêt pour les «belles pépites françaises» (avec particulièrement le rachat de Neolan par Adobe).
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