La concurrence connaît des ratés dans la réparation automobile

L’Autorité de la concurrence, qui a identifié cinq freins à un meilleur fonctionnement du secteur, lance une consultation publique jusqu’au 24 mai
Yves-Marc Le Reour

Après 9 mois d’enquête, l’Autorité de la concurrence soumet à consultation publique ses premières conclusions sur le fonctionnement du marché de l’après-vente automobile qui représentait 31,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010. Ayant constaté des hausses de prix bien plus importantes en France que dans les principaux pays adjacents, l’organisme souligne la prépondérance des réseaux de réparation agréés par les constructeurs, qui contrôlent 53% du marché en valeur.

Face à eux, les réseaux indépendants (opérateurs spécialisés ou garagistes), qui se fournissent auprès de grossistes achetant eux-mêmes leurs pièces de rechange aux équipementiers, éprouvent des difficultés particulières à s’imposer dans les services de réparation-entretien sur les véhicules récents (20% de part de marché pour les véhicules de moins de 2 ans et 30% sur ceux de moins de 4 ans).

L’Autorité a identifié cinq facteurs susceptibles de freiner la concurrence en France dans ce secteur. Elle relève que la protection des pièces visibles sur les véhicules, en vertu du droit des dessins et modèles, donne aux constructeurs «un véritable monopole légal sur plus de 70% des ventes de ces pièces». Observant une disponibilité parfois faible des pièces de rechange non protégées, elle note l’existence de clauses contractuelles entre constructeurs et équipementiers «qui peuvent dissuader ces derniers de commercialiser les pièces fabriquées sur le canal indépendant ou les inciter à en élever le prix».

Concernant l’entretien du véhicule, certains contrats de garantie ont tendance à favoriser les réparateurs agréés, au détriment du canal indépendant qui éprouve par ailleurs des difficultés à accéder à l’ensemble des informations techniques nécessaires à l’établissement du devis. Enfin, l’utilisation de prix de détail conseillés par les constructeurs et les équipementiers peut contribuer à «décourager des politiques de prix plus agressives pour la distribution de gros et de détail des pièces de rechange».

Ouverte jusqu’au 24 mai, la consultation publique vise à recueillir les observations de toutes les parties prenantes (constructeurs, réparateurs, équipementiers, associations de consommateurs, assureurs, distributeurs…) et à évaluer les effets des changements possibles «sur la sécurité, l’innovation, le prix, la compétitivité et l’emploi dans la filière automobile», conclut l’Autorité.

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