La Chine remet les valeurs du luxe à l’endroit
Après plusieurs mois inhabituellement moroses pour le secteur du luxe en Bourse, les actions de LVMH, Hermès, Kering et consort reprennent des couleurs. La perspective d’une hausse des taux d’intérêt avait commencé à affecter les valorisations stratosphériques de l’industrie en début d’année, avant que la guerre en Ukraine et, surtout, la mise en place de restrictions sanitaires en Chine n’accélèrent leur chute. Mais la tendance semble s’inverser depuis le 26 mai. En trois séances, LVMH a repris 10%, après avoir chuté de 24% en à peine cinq mois, Hermès a gagné 11%, le suisse Richemont s’est redressé de 12%, Kering s’est adjugé 11% et l’italien Salvatore Ferragamo a pris 9%. A Paris, le fabricant de parfums sous licence Interparfums a signé la plus forte hausse de l’indice SBF 120 lundi. La hausse de la valeur «accompagne le rebond plus général du luxe, Interparfums étant considéré comme une extension de ce secteur dans les capitalisations moyennes», explique Sarah Thirion, analyste chez TP ICAP Midcap.
Réouvertures applaudies
En fin de semaine dernière, le secteur avait commencé à être porté par les bons résultats des groupes de distribution aux Etats-Unis alors que le pays est redevenu le premier marché mondial du luxe en 2021. Un analyste basé à Londres a évoqué en particulier la bonne performance de Macy’s, dont l’action a bondi de 19% jeudi à Wall Street, après avoir dégagé des revenus trimestriels solides et relevé ses objectifs annuels de marge brute d’exploitation et de bénéfice ajusté par action. La dynamique s’est poursuivie lundi après que les autorités de Shanghai ont annoncé qu’elles assoupliraient les restrictions liées au Covid-19 le 1er juin, le nombre de nouveaux cas quotidiens continuant de diminuer. Elles prévoient également plusieurs mesures de soutien à l’économie, a rapporté l’agence de presse officielle Xinhua au cours du week-end. De premiers assouplissements ont également été annoncés à Pékin.
Ces nouvelles encourageantes en provenance de Chine sont le principal déclencheur de la réaction positive du secteur du luxe, qui efface ainsi une partie de ses récentes pertes, explique Jie Zhang, analyste chez AlphaValue. Selon des estimations d’UBS, Shanghai et Pékin représentent en effet 32% des boutiques chinoises d’Hermès, de LVMH ou de Kering, et même 57% de celles de Richemont. Un retour à la normale dans l’Empire du milieu pourrait permettre au secteur du luxe de reprendre ses bonnes habitudes boursières.
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