La Chine devient centrale dans le modèle de développement d’Uber
Après avoir bâti son succès aux Etats-Unis et en Europe, Uber fait désormais de la Chine sa priorité. «La clé pour nous en Chine est la vitesse», a annoncé Travis Kalanick, le directeur général du groupe de voitures avec chauffeur, lors d’une conférence à Hainan. «Si nous lançons (un nouveau service, ndlr) aux Etats-Unis pour qu’il soit ensuite copié en Chine, nous serons en retard» face aux concurrents, a expliqué le fondateur d’Uber. Donc, «nous commençons à orienter une partie de notre innovation en priorité vers la Chine».
Compte tenu de son potentiel, estimé à 30 millions de passagers par jour, le marché chinois est crucial pour Uber. Le groupe américain doit également faire face à la concurrence d’acteurs locaux puissants, soutenus par les principales sociétés internet chinoises. Didi Kuadi, le premier adversaire d’Uber, bénéficie de l’appui d’Alibaba et de Tencent. Travis Kalanick estime la part de marché de son groupe en Chine à 30% environ, contre quelques pourcents seulement début 2015.
Cette expansion coûte cher. Travis Kalanick a récemment avancé le chiffre de 1 milliard de dollars de pertes annuelles en Chine et il ne souhaite pas dire quand la filiale chinoise commencera à gagner de l’argent. Mais selon lui, ce niveau de pertes est soutenable. «Rien qu’avec nos 30 premières villes, nous générons aujourd’hui plus de 1 milliard de profits annuels», a assuré Travis Kalanick la semaine dernière, « et ces bénéfices augmentent chaque année du fait de notre expansion ». Au-delà de ce top 30 ultra rentable, d’autres villes parmi les 400 couvertes par Uber sont également profitables, a ajouté le dirigeant.
Mais ces seuls bénéfices ne suffisent pas. Uber ne publie pas ses comptes mais selon des documents internes divulgués en début d’année par le site The Information, le groupe américain aurait perdu près de 1 milliard de dollars au total rien qu’au premier semestre 2015. D’où les levées de fonds réalisées ces derniers mois pour financer la croissance. Uber a levé près de 1 milliard de dollars fin 2015 rien qu’en Chine, portant à 8 milliards de dollars la valorisation estimée de sa filiale chinoise. Didi Kuadi a pour sa part collecté 2 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés baissent dans le calme après les troubles en France
Après le week-end chaotique, la Bourse de Paris, les marchés de taux et l’euro décrochent mais sans panique. -
La croissance chinoise a rebondi à 4,5% au troisième trimestre
La progression du PIB dans le pays a dépassé les attentes et se rapproche de la cible du gouvernement grâce à la bonne dynamique des exportations. Les investissements restent moins bien orientés. -
Carrefour rachète Codifrance auprès du belge Colruyt
Le géant de la distribution débourse 152 millions d'euros pour reprendre ce spécialiste français de l'approvisionnement des commerces de proximité qui fournit notamment les enseignes Coccinelle et CocciMarket.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
Contenu de nos partenaires
-
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 19 octobre ?
Baccarat confie ses icônes à des designers contemporains, deux experts décryptent les recettes business des grands chefs, J.M. Weston poursuit sa complicité avec l’Opéra national de Paris… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Défaillances« On a perdu le contrôle » : après le chaos, Emmanuel Macron et Laurent Nuñez sous un déluge de critiques
Le chef d'Etat a refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, qui a reconnu ce lundi une « perte de contrôle » de l'autorité publique dans plusieurs villes, le 17 octobre. Les deux hommes sont ciblés par l'ensemble de l'échiquier politique. -
Pays ruinéPrésidentielle : à qui profite le chaos ?
Le dispositif de maintien de l’ordre a failli. Le Premier ministre ne répond que sur le terrain politique. Le Président appelle au calme. Jean-Luc Mélenchon continue à conflictualiser. Marine Le Pen cherche à gagner sur les deux plans, l’ordre et le social