La Chine bloque l’alliance opérationnelle entre CMA CGM, Maersk et MSC
P3 ne verra pas le jour. Le projet d’alliance opérationnelle entre les trois premiers transporteurs maritimes mondiaux a été refusé hier par le ministère chinois du Commerce. Il avait été pourtant validé en mars par les Etats-Unis puis au début du mois de juin par les autorités européennes. Le danois Maersk Line, le français CMA CGM et le suisse Mediterranean Shipping Company (MSC), les trois alliés, ont pris acte de la décision des autorités chinoises.
Les trois groupes travaillaient sur ce projet depuis un an. P3 visait à créer un centre de contrôle opérationnel commun à Londres destiné à optimiser l’offre de fret des trois groupes et réduire ainsi les coûts d’exploitation de certaines lignes, principalement entre l’Asie et l’Europe dont les surcapacités chroniques pèsent sur les tarifs. Ensemble, les trois acteurs prévoyaient d’offrir 2,6 millions EVP (équivalent vingt pieds, la mesure du secteur), avec 255 navires au départ sur 29 lignes maritimes. Les bateaux auraient toujours appartenu et/ ou auraient été armés par les compagnies. Mais ils auraient été gérés par le centre d’exploitation conjoint, les trois compagnies conservant leurs propres fonctions de ventes, de marketing et de services clients.
Selon le ministère du Commerce chinois, cette alliance constituait un risque de concentration trop important. P3 aurait ainsi détenu 47% de l’offre de liaisons maritimes entre l’Asie et l’Europe. Malgré les discussions avec les trois transporteurs, les autorités chinoises ont jugé insuffisantes leurs propositions de concessions. Enfin, à la différence des alliances déjà existantes entre transporteurs déficitaires, comme G6, constituée autour de l’allemand Hapag-Lloyd, les promoteurs de P3 sont tous bénéficaires.
Maersk Line, filiale d’AP Moller-Maersk, est la plus pénalisée par cette décision. Le groupe danois devait contribuer au réseau à hauteur de 42% environ, contre 34% pour MSC et 24% pour CMA CGM. Hier, le cours de l’action d’AP Moller-Maersk a chuté de 5,34%. Les investisseurs redoutent que le transporteur n’atteigne pas son objectif de réduction des coûts.
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