La cession de Maroc Telecom se profile de plus en plus pour Vivendi

Le groupe coréen KT a officialisé son intérêt pour les 53% détenus par le français au capital de l’opérateur marocain, mais d’autres candidats sont mieux placés
Olivier Pinaud
Photo Fabrice Dimier, Bloomberg
Photo Fabrice Dimier, Bloomberg  - 

L’année 2012 aura été consacrée à la réflexion, 2013 sera celle de l’action pour Vivendi. Mené par CA CIB et Lazard, le processus de vente de Maroc Telecom pourrait aboutir dans les premières semaines de 2013. L’opérateur télécoms coréen KT a officialisé hier son intérêt pour la participation de 53% détenue par le groupe français au capital de Maroc Telecom. «C’est une proposition préliminaire, non contraignante légalement», a précisé KT.

En s’implantant loin de ses bases, le groupe coréen espère redonner du souffle à son chiffre d’affaires alors que le marché coréen est proche de la saturation et que sa sortie, mi-2011, de Russie lui a fait perdre son principal relais de croissance. KT a bien tenté en juin de prendre 20% du capital de l’opérateur sud-africain Telkom South Africa mais ses ambitions ont été contrariées par le protectionnisme de Pretoria. Avec une dette nette inférieure à deux fois son Ebitda, KT aurait de quoi financer le rachat des 53% de Maroc Telecom. Les analystes d’Oddo calculaient récemment que sur la base d’un prix de marché de 4,7 milliards d’euros pour le bloc, le ratio dette nette sur Ebitda du coréen passerait de 1,9 fois à 2,6 fois.

Mais le groupe coréen n’est peut-être pas le mieux placé pour emporter Maroc Telecom. L’opérateur qatari Qtel semble favori, à la fois en raison des proximités culturelles entre le Qatar et le Maroc mais aussi du fait d’une plus grande force financière. Sa dette nette est proche d’une fois son Ebitda. Enfin, sa présence en Algérie et en Tunisie lui permettrait d’espérer des synergies entre ses différents opérateurs maghrébins, ce qui lui laisserait la possibilité d’offrir un prix de rachat supérieur. L’opérateur des Emirats Etisalat serait également sur les rangs. France Télécom enfin, déjà présent au Maroc, a reconnu son intérêt pour le premier opérateur du royaume, mais sa stricte discipline financière lui interdit toute folie.

La cession des 53% de Maroc Telecom devrait précéder une cession de plus grande envergure encore, celle de l’opérateur brésilien GVT, estimée entre 7 et 8 milliards d’euros. Ces sorties restaureraient immédiatement le profil financier de Vivendi, lui permettraient de sortir de deux filiales qui n’offrent aucune synergie avec le reste du groupe avant de réallouer une partie des capitaux vers les médias.

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