La CDC apportera un milliard d’euros à La Poste dès le mois prochain

Le groupe postal vise en 2011 une stabilité de son chiffre d’affaires et consacrera 1,3 milliard d’euros à ses investissements
Benoît Menou

La Poste a indiqué hier qu’une première tranche de 1,05 milliard d’euros lui serait apportée en avril dans le cadre de l’augmentation de capital à laquelle l’Etat et la Caisse des dépôts participeront à hauteur de 1,2 milliard et 1,5 milliard d’euros respectivement. Le groupe postal recevra les deux dernières tranches, à savoir 1,05 milliard et 600 millions d’euros, en 2012 et en 2013.

L’augmentation de capital doit permettre à La Poste d’investir et de se moderniser pour faire face à la libéralisation totale du secteur depuis cette année et à la chute de son activité courrier concurrencée par internet. «Le statu quo c’est le risque d’emmener l’entreprise dans le mur», a déclaré à ce sujet Jean-Paul Bailly, le PDG de La Poste, à l’occasion d’une conférence de presse sur les résultats 2010 du groupe. «C’est notre devoir de nous adapter», a ajouté le dirigeant.

La Poste, dont le bénéfice net a progressé de 3,5% en 2010 à 550 millions d’euros, a fixé à 1,3 milliard d’euros le montant de ses investissements pour cette année, contre 1,065 milliard l’an dernier. Le groupe a en outre confirmé avoir réduit ses effectifs de 11.700 postes. « C’est effectivement un chiffre qui est exact», a concédé Georges Lefebvre, délégué général du groupe, précisant qu’il s’agit de «la conséquence d’une accélération au dernier trimestre de l’année des départs à la retraite». L’excédent brut d’exploitation a atteint un niveau inédit de 2,04 milliards d’euros, en hausse de 9,1%. La Poste vise cette année des revenus stables et une marge opérationnelle supérieure à 3%, «meilleure que celle prévue dans le plan 2010-2015».

Interrogé par ailleurs sur l’accord de liquidité conclu en début d’année avec Dexia, Philippe Wahl, le nouveau président de la Banque postale, a indiqué que le groupe ne s'était pas engagé à souscrire un montant minimum d’obligations foncières qui seront émises par la banque franco-belge. «Nous avons décidé d’acheter du papier Dexia comme nous achetons du papier d’Etat français», a plaidé le dirigeant. «Nous achetons des obligations qui sont des obligations foncières. (...) Et nous les achetons parce que c’est rentable pour la Banque Postale», a-t-il précisé. «C’est un accord classique de refinancement», a de son côté souligné Jean-Paul Bailly.

Ce dernier a assuré de sa volonté de mettre en œuvre dès l’an prochain un programme d’actionnariat salarié.

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