La Caisse des dépôts prête à contrôler Veolia Transdev

Après avoir mis son veto à la reprise par Cube des parts détenues par Veolia, la CDC pourrait monter à 60% du capital du groupe de transports
Antoine Duroyon

Si les propositions à l'étude ne permettent pas de faire autrement que de remonter au capital de Veolia Transdev, il faudra s’y résoudre», déclarait la semaine dernière Michel Bouvard, le président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts (lire L’Agefi du 13 juin). Après la fin de non recevoir adressée par la CDC au fonds Cube (Natixis), qui souhaitait reprendre les parts détenues par Veolia Environnement (50%) dans Transdev, ce scénario gagne en consistance.

La CDC, sous la direction par intérim d’Antoine Gosset-Grainville, a fermement repoussé vendredi soir le projet de Cube, lequel valorisait Veolia Transdev 350 millions d’euros (avant une augmentation de capital de 800 millions), prévoyait des cessions d’actifs à l’international et fixait une reprise en main de la gouvernance du groupe de transports urbains. Le fonds s'était associé pour la cause à plusieurs partenaires financiers, dont Predica, la filiale d’assurances du Crédit Agricole. Il avait été préféré à d’autres fonds, dont PAI, et au groupe allemand diversifié Rethmann.

Alors que d’après Le Figaro, les négociations se poursuivent avec Cube, le quotidien fait part, ainsi que Le Monde, d’un projet de prise de contrôle de Veolia Transdev par la CDC. «La Caisse monterait en effet à 60% du capital par le jeu de la conversion de tout ou partie de leurs créances d’actionnaires respectives, représentant l'équivalent de 800 millions d’euros capital. Un prêt bancaire viendrait rembourser une autre partie de la dette de Veolia Transdev due à Veolia», souligne Le Figaro dans son édition de samedi. Avec des cessions d’actifs en prime, le groupe dirigé par Antoine Frérot pourrait ainsi se délester d’une dette d’un peu plus d’un milliard d’euros liée à son activité transport. A l'échelle du groupe, Veolia a planifié un plan de cessions de 5,5 milliards d’euros sur 24 mois, censé ramené la dette à 12 milliards d’euros fin 2013.

Mais comme le rappelle Le Monde, «reste à connaître la position de l’Etat, pas nécessairement favorable à ce que la CDC dépense de l’argent pour aider Veolia». Une rencontre est prévue mercredi entre Antoine Frérot et le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

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