La cacophonie sur la hausse des prix de l'électricité profite à EDF
Les prix de l’électricité augmenteront «légèrement cet été et pas avant», a reconnu Eric Besson devant les députés. Mais le ministre de l’Industrie a immédiatement assuré que «le gouvernement n'étudie aucune hausse importante des tarifs» répondant à un article paru hier matin dans Les Echos. Le journal indiquait qu’EDF avait transmis au gouvernement, décisionnaire pour fixer les prix de l’électricité pour les particuliers, un document proposant un dispositif qui amènerait à augmenter la facture d'électricité de 5,1% à 6,5% par an jusqu’en 2015, inflation comprise. De son côté, EDF a assuré ne pas avoir fait de «demande formelle» de hausse des tarifs, ce qui n’empêche pas des discussions informelles.
Cette question est cruciale pour EDF à l’approche de la mise en œuvre de la loi Nome (nouvelle organisation des marchés de l’électricité). Celle-ci prévoit que le groupe revende 25% de son électricité d’origine nucléaire à ses concurrents. Le prix de revente, dit Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), n’a toujours pas été fixé. Mais selon les analystes d’Oddo, les hypothèses qu’EDF aurait transmises au gouvernement sont cohérentes avec ce que le groupe avait l’habitude de demander. Elles aboutiraient à un coût complet du parc nucléaire de 46 euros par MWh, avant l’éventuel surcoût lié à un renforcement de la sécurité dans les centrales. Or, l’Arenh est censé refléter d’ici à 2015 le coût complet du parc de centrales nucléaires.
Même si EDF se défend d’avoir fait une demande formelle de hausse de tarif, le document pourrait servir de position de négociations avec l’Etat actionnaire et les concurrents pour fixer le prix de l’Arenh. Un chiffre clé. «Toute variation de 1 euro par MWh de notre hypothèse du prix de l’Arenh en 2015 (43 euros par MWh) a un impact de 2 euros par titre sur notre valorisation, toutes choses égales par ailleurs», calculent les analystes d’Oddo. Aurel BGC, qui tablait initialement sur une hausse de 3% par an du prix de l’électricité sur la période 2011-2015, dans le haut de la fourchette appliquée depuis 2006, indique que la hausse demandée par EDF permettrait d’accroître de 3% à 7% le bénéfice par action du groupe entre 2011 et 2015. Conscient du caractère hautement politique du dossier, le marché est resté prudent hier, n’accordant qu’une hausse de 1,07% à l’action EDF, à 28,77 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Sodexo relève sa prévision de croissance annuelle après un bon trimestre
Entre mars et mai, le groupe a enregistré une hausse de ses ventes de 0,9% et il vise désormais une progression interne d'au moins 1,2% sur l'ensemble de son exercice décalé 2025-2026. -
DNCA Finance recrute un gérant de LBP AM pour muscler l’équipe d’Alpha Bonds
Guillaume Fradin va contribuer au développement de l'expertise obligataire de conviction de la société. -
Bouygues se renforce dans la construction aux Etats-Unis
Le conglomérat a annoncé l'acquisition de Vannoy Construction, une entreprise active dans le sud-est des Etats-Unis qui a enregistré un chiffre d'affaires de 873 millions d'euros l'an dernier.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
CONFIANCEPourquoi il faut réconcilier résilience numérique et performance - par Benoît Darde
Le progrès européen ne se décrète pas. Les tensions géopolitiques forcent aujourd'hui une relecture de nos chaînes de valeur. L'Europe affronte le défi de son autonomie stratégique, coincée entre la rhétorique politique et la réalité des dépendances technologiques mondiales -
Bras de ferConsigne des bouteilles plastique : la guerre du bac jaune tourne au bourbier politique
Le gouvernement avance vite pour déployer la consigne pour recyclage à partir de début 2027. Mais les collectivités locales, les ONG et les recycleurs freinent en raison des incertitudes sur les impacts financiers et écologiques de cette vaste réforme. -
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme