La Bourse apprécie le succès en AG du duo Bressler-Niel chez Unibail
Le cours de l’action Unibail-Rodamco-Westfield (URW) s’envolait de 28% mardi en fin de matinée alors que les actionnaires du groupe de centres commerciaux ont rejeté le projet d’augmentation de capital d’un montant de 3,5 milliards d’euros et approuvé la nomination de Léon Bressler, Xavier Niel et Susana Gallardo au conseil de surveillance.
Alors que l’AG se tient formellement aujourd’hui, en application de la réglementation boursière en vigueur, URW a publié les résultats des votes dès cette nuit, avant l’ouverture des marchés boursiers australiens, où URW est également coté.
Ces résultats indiquent que les actionnaires ont suivi les recommandations du consortium d’investisseurs Refocus, qui possède un peu plus de 5% du capital d’URW et est mené par Léon Bressler, ancien PDG d’Unibail, et Xavier Niel, fondateur d’Iliad. Ces derniers, qui contestent la stratégie des dirigeants d’URW, ont fait part le mois dernier de leur intention de voter contre la résolution autorisant l’augmentation de capital qui a été proposée au vote de l’AGM. Ils appelaient depuis tous les actionnaires à en faire de même.
La résolution devant donner délégation de compétence au directoire d’URW pour procéder à une augmentation de capital d’un montant de 3,5 milliards d’euros a été soutenue par 61,2% des suffrages exprimés, un taux inférieur à la majorité qualifiée requise pour son approbation.
Le consortium Refocus est également parvenu à placer trois de ses membres au conseil de surveillance d’URW. Léon Bressler a été élu au conseil de surveillance avec 63,26% des voix, Xavier Niel avec 60,99%, et Susana Gallardo avec 59,16%.
Les dirigeants d’URW « devront tirer les conclusions » de ces votes, ont commenté les actionnaires du consortium Refocus dans un communiqué.
Alternative
Récusant le bien fondé de l’acquisition de l’entreprise américaine Westfield en 2018, le consortium Refocus a pour ambition de recentrer URW sur son positionnement historique de «pure-play» européen. Selon ces actionnaires, la cession des actifs américains sera génératrice de performance sur le long terme et représente la seule orientation stratégique permettant de dissiper de manière définitive les craintes actuelles liées à un niveau d’endettement élevé.
« L’endettement d’URW reste élevé et son bilan doit être renforcé », a reconnu mardi Christophe Cuvillier, le président du directoire du groupe, lors d’une conférence avec des journalistes. « Le plan de cession va se poursuivre et nous étudierons toutes les alternatives pour renforcer la structure financière de l’entreprise », a ajouté le dirigeant alors que les actionnaires se sont prononcés contre le projet d’augmentation de capital qu’il défendait.
« Une porte s’ouvre »
Malgré la lutte qui a opposé les dirigeants d’URW et le consortium Refocus ces dernières semaines, Christophe Cuvillier estime « qu’une nouvelle période s’ouvre » et assure que le conseil de surveillance dans sa nouvelle composition mènera « des débats apaisés et constructifs ».
« Nous travaillerons ensemble pour améliorer la situation de l’entreprise », a renchéri Léon Bressler lors d’une autre conférence avec des journalistes. « Nous allons faire un effort de pédagogie pour convaincre les membres du conseil de la pertinence de la stratégie que nous défendons », a complété Xavier Niel.
Présenté en septembre par URW, le plan stratégique Reset vise à renforcer le bilan et la stratégie financière du groupe dans un contexte économique marqué par la crise sanitaire. En plus du projet d’une levée de fonds massive, qui a donc avorté, ce plan comprend la restriction des dividendes en numéraire afin de réaliser des économies de 1 milliard d’euros au cours des deux prochaines années.
La prochaine réunion du conseil de surveillance dans sa nouvelle composition devrait avoir lieu « dans les prochains jours », selon les deux parties.
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