La bataille pour le contrôle du conseil d’Altran se jouera devant l’AG
D’un côté trois administrateurs présentés par Yves de Chaisemartin, le PDG d’Altran. De l’autre deux candidats soutenus par Apax, le premier actionnaire de la société de conseil, désireux de changer la tête du groupe. La bataille pour le contrôle du conseil d’administration d’Altran se jouera le 10 juin, lors de l’assemblée générale. Les résolutions ont été publiées hier.
Malgré le conflit entre les deux parties, la présentation des cinq candidats a été approuvée à l’unanimité. «Apax n’avait aucune raison de ne pas soumettre au vote des actionnaires les administrateurs présentés par Yves de Chaisemartin», indique un proche de la société d’investissement. Une façon aussi pour Apax de montrer sa bonne volonté alors que le fonds rappelle depuis le début du conflit que l’AG est souveraine pour nommer les administrateurs.
Néanmoins, avec 31% des droits de vote grâce à l’action de concert conclue avec les deux fondateurs d’Altran lors de son entrée au capital en 2008, Apax sera en position de force. En faisant élire les deux administrateurs qu’il soutient (Monique Cohen et Philippe Salle), et en ne votant pas en faveur des trois présentés par Yves de Chaisemartin, Apax détiendrait au final six sièges en sa faveur sur les dix que compterait le conseil d’Altran. Aujourd’hui, grâce à sa voix prépondérante, Yves de Chaisemartin peut faire basculer l’équilibre en sa faveur. Même s’il se défend de prendre ainsi le contrôle d’Altran, rappelant que sa participation au capital n’a pas évolué depuis 2008, le vote de l’AG permettrait au fonds de révoquer le PDG, et de nommer à sa place Philippe Salle, ce qui pourrait constituer un élément de contrôle. Et nourrir une éventuelle demande de dépôt d’offre sur le capital.
Yves de Chaisemartin a pour l’instant demandé à titre personnel (il détient 158.500 actions) une limitation du poids d’Apax. Il conteste l’usage des droits de vote double dont dispose le concert formé avec les fondateurs. Une assignation a été déposée dans ce sens il y a dix jours devant le tribunal de commerce qui a convoqué une audience de procédure jeudi. «Yves de Chaisemartin ne s’est jamais plaint lors des trois précédentes AG de l’usage de ces droits de vote double. Pourquoi le fait-il aujourd’hui ?», s’étonne un proche d’Apax, qui rappelle que le litige soulevé par le PDG d’Altran porte sur moins de 3% des droits de vote. Soutenu par les fondateurs, le fonds conserverait un bloc d’environ 29%.
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