La bataille pour le contrôle d’Electricité et Eaux de Madagascar s’envenime à l’approche de l’AG
La campagne pour le contrôle d’Electricité et Eaux de Madagascar (EEM) vire à l’affrontement pénal. Déjà tendues, les relations entre les deux principaux actionnaires du holding, qui contrôle notamment 26,9% du capital du groupe papetier Gascogne, se sont violemment dégradées à l’approche de l’assemblée générale prévue pour le 19 décembre prochaine.
François Gontier, le PDG d’EEM, et détenteur de 25% du capital via son holding Verneuil, a porté plainte pour délits d’initiés contre Guy Wyser-Pratte, à la tête d’un concert d’actionnaires ayant réuni 21,9% du capital. Une enquête préliminaire a été confiée à la brigade financière. «Nous avons appris récemment que Guy Wyser-Pratte a utilisé à son profit et à celui de ses fonds des informations que lui avait confiées le directeur général d’EEM, Frédéric Doulcet, sans penser qu’il en profiterait», explique à L’Agefi François Gontier. Frédéric Doulcet, son associé historique chez Verneuil, concerné par la plainte pour délits d’initiés, «a quitté l’entreprise», a indiqué à L’Agefi François Gontier. Ce dernier est pour sa part sous le coup d’une plainte déposée cet été par Guy Wyser-Pratte, notamment pour abus de biens sociaux.
«Pourquoi porter plainte maintenant alors que François Gontier a opposé ces allégations de délit d’initié à Guy Wyser-Pratte dès le premier conseil d’administration auquel a participé ce dernier en juin 2011 ?», s’interroge Antoine Arebalo-Camus. L’avocat de Guy Wyser-Pratte rappelle que l’AMF, après avoir entendu l’homme d’affaires franco-américain, n’a jamais saisi le parquet sur cette question comme elle en a le pouvoir. «Les carnets d’ordres montrent que Guy Wyser-Pratte n’a acheté aucune action Gascogne avant l’annonce de la cession de Cenpac, comme le prétend François Gontier. Quant au rachat des hôtels vietnamiens d’EEM par le groupe Thien Minh, Guy Wyser-Pratte et ses équipes avaient identifié la volonté de l’acquéreur dans un communiqué de presse publié par celui-ci début août 2010. L’information pouvait donc être connue de tous sans difficulté», ajoute Antoine Arebalo-Camus.
Les deux camps devraient proposer à l’AG du 19 décembre des résolutions visant à révoquer du conseil les administrateurs de la partie adverse et à faire nommer leurs propres représentants. Les éventuelles sanctions pénales ne tomberont que plusieurs mois plus tard.
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