La bataille pour le contrôle de Parmalat vire à « l’affaire Danone » en Italie
Comme Danone avait été étiqueté «stratégique» par l’Etat français en 2005, Parmalat est en train de gonfler la vague de patriotisme économique qu’ont déclenchée en Italie le rachat de Bulgari par LVMH, la tentative avortée d’entrée de Groupama chez Fondiaria ou l’appétit d’EDF pour Edison. «Je suis très favorable» à une alliance d’investisseurs italiens au sein de Parmalat, a lancé vendredi le ministre du Développement économique, Paolo Romani, en réponse à la montée au capital du français Lactalis. L’ambassadeur de France en Italie a été convoqué par la présidence du Conseil vendredi pour discuter du dossier mais aussi d’Edison.
Evincé de la course au rachat de Yoplait, Lactalis a révélé la semaine dernière avoir acquis sur le marché 7,28% du capital de Parmalat. Un montage d’equity swap, en partie exercé, lui permet de porter son intérêt à 11,42%. Et une fois le solde débouclé, il détiendra 14,28% de Parmalat, ce qui en fera le premier actionnaire. Le groupe laitier français n’exclut pas de se renforcer tout en restant sous le seuil des 30% pour ne pas avoir à lancer une OPA sur son homologue italien dont la capitalisation s’élevait vendredi à 4,5 milliards d’euros. Parfaitement remis de sa faillite de 2003, mais encore moins bien valorisé que ses comparables (9 fois le résultat d’exploitation 2011 contre 10,4 fois en moyenne selon Exane BNP Paribas), Parmalat est également convoité par les fonds Skagen, Mackenzie et Zenit. Ils détiennent ensemble 15,3% du capital.
En prévision de l’AG de Parmalat, les 12 et 14 avril prochains, Lactalis a déposé vendredi, comme la réglementation l’y obligeait, une liste de candidats pour le conseil d’administration. Conscient du caractère «compliqué» du dossier, Lactalis se veut «amical», assure un proche. Présent en Italie depuis 14 ans, notamment via la marque Galbani, Lactalis va rencontrer dans les prochains jours les autres grands actionnaires de Parmalat pour leur expliquer son objectif: un investissement de long terme destiné à accélérer l’expansion de Parmalat à l’international, par exemple en Australie, afin de dégager des synergies avec ses propres actifs à l’étranger.
Mais dans le même temps, le camp italien pourrait se consolider autour de la banque Intesa Sanpaolo. Celle-ci détient 2,4% de Parmalat. Elle a présenté sa liste pour le conseil d’administration avec comme slogan de campagne : «un projet industriel de long terme qui soit dans l’intérêt des actionnaires mais aussi du pays». Le groupe agroalimentaire Granarolo s’est dit prêt à participer à une alliance italienne.
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