La baisse des prix du nickel et la faiblesse du dollar pèseront sur Aperam
Aperam se prépare à des jours plus difficiles. Si le marché a donné des signes d’amélioration au premier trimestre, «nous nous attendons à ce que les prix restent sous pression durant toute l’année 2011 en raison de la surcapacité dans notre secteur d’activité», prévient Bernard Fontana, directeur général d’Aperam, la division acier inoxydable d’Arcelor Mittal. Sur ces inquiétudes, le titre a reculé de 1,34% à 28,32 euros, cédant plus de 7% depuis son introduction en Bourse fin janvier.
Avec la stagnation de la consommation en Europe, les aciéristes se trouvent confrontés à une surcapacité, laissant anticiper une restructuration du secteur. Après ArcelorMittal en début d’année, ThyssenKrupp prévoit également de scinder sa division acier inoxydable. «Une étape positive» avant la consolidation du secteur, a souligné hier Lakshmi Mittal, patron d’ArcelorMittal, en marge de l’AG du sidérurgiste. «La consolidation est toujours une bonne chose et l’industrie en a toujours besoin», a ajouté Lakshmi Mittal.
En attendant, si la dette nette d’Aperam ressortait à 864 millions de dollars fin mars ‑soit un ratio d’endettement de 22%‑ contre 851 millions fin décembre, elle «devrait augmenter au deuxième trimestre», prévient l’aciériste. De plus, «la récente chute des prix du nickel, l’incertitude économique et la faiblesse du dollar devraient mettre sous pression les marges au deuxième trimestre 2011», ajoute Aperam. Toutefois, «nos prévisions incluent déjà une baisse séquentielle de l’Ebitda par rapport aux solides résultats du premier trimestre», note Bank of America Merrill Lynch, tablant sur 119 millions de dollars. Et «à ce stade, nous estimons que le consensus d’Ebitda de 555 millions de dollars pour l’ensemble de l’exercice est encore atteignable», poursuit Bank of America Merrill Lynch.
Au premier trimestre, l’Ebitda est ressorti à 139 millions de dollars, au-delà du consensus Bloomberg de 109 millions, contre seulement 22 millions au quatrième trimestre 2010. La profitabilité du groupe s’est ainsi nettement améliorée, passant de 60 dollars d’Ebitda par tonne à 308 dollars. Elle «se situe désormais nettement au-dessus d’Outokumpu et d’Acerinox à respectivement 250 et 265 dollars la tonne d’Ebitda sur la même période», relève Oddo. Or, Aperam pâtit d’une sous-valorisation importante, «injustifiée par rapport aux comparables», conclut le bureau d’analyse.
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