KPN est impuissant face à la montée d’America Movil à son capital
KPN voit inexorablement America Movil monter à son capital sans pouvoir l’en empêcher. Hier soir, l’opérateur de télécoms sud-américain a révélé détenir 20,92% du capital du néerlandais. Le groupe du milliardaire mexicain Calos Slim a dépensé près de 1,3 milliard d’euros pour s’assurer cette participation. Mais il pourrait monter encore plus haut. Son offre partielle, qui expire le 27 juin, peut lui permettre d’aller jusqu’à 27,7%. Si ce seuil n’est pas atteint dans les temps, America Movil n’exclut pas de prolonger son offre, comme il en a la possibilité. Cette participation dans KPN s’ajoute à celle de 21% acquise la semaine dernière chez Telekom Austria pour un peu moins d’un milliard d’euros. Le directeur financier de l’opérateur sud-américain a assuré hier qu’il ne discutait avec aucune autre personne en Europe et que sa priorité était à la réalisation de ces deux investissements.
Le nouvel appel lancé hier par le conseil d’administration de KPN aux actionnaires de ne pas se précipiter n’a donc pas eu l’écho escompté. Il a beau répéter que le prix de 8 euros par action offert par America Movil sous-évalue la société, le conseil n’arrive pas à rassurer les investisseurs sur les perspectives de l’opérateur néerlandais. Même la tentative de rapprochement entre sa filiale allemande E-Plus, le principal actif de valeur de KPN, et celle de Telefonica dans le pays a échoué. Un tel mouvement aurait pu déclencher des hostilités en Amérique Latine avec America Movil, ce qui aurait pu affaiblir un peu plus Telefonica, actuellement en proie à un surendettement.
KPN se retrouve donc aujourd’hui sans véritable moyen de défense, sauf, comme certains l’évoquent, à émettre des actions de préférence à sa fondation («Stichting»), un rempart juridique néerlandais qui complique une prise de contrôle. Mais cela rendrait encore plus hostile les relations avec America Movil. De même, les chevaliers blancs en mesure de voler au secours de KPN sont relativement rares, encore plus en période de raréfaction du financement. KPN capitalise encore un peu plus de 11 milliards d’euros. Deutsche Telekom et Vodafone, les deux autres opérateurs de téléphonie mobile allemands ne seraient pas non plus autorisés à racheter E-Plus pour des raisons concurrentielles.
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