KPN divise par trois son dividende mais maintient ses objectifs 2012
A l’instar du secteur européen des télécoms, KPN souffre et a dévoilé hier des résultats en forte baisse. Sur le deuxième trimestre, son bénéfice net a fondu de 24% à 315 millions d’euros, tandis que l’Ebitda a reculé de 13% à 1,1 milliard et le chiffre d’affaires de 3% à 3,2 milliards.
Si le marché avait anticipé la faiblesse de ces performances, il n’avait pas prévu la coupe drastique du dividende annoncée par l’opérateur néerlandais, qui applique ainsi la même stratégie que Telefonica et Telecom Italia.
Alors qu’il avait annoncé précédemment une distribution de 0,90 euro au titre de 2012 (après 0,85 euro l’année précédente), KPN propose de verser seulement 0,35 euro pour cette année, et au moins 0,35 euro pour 2013. Cette annonce «donne un mauvais signal sur la capacité de KPN à rétablir les bénéfices et le cash flow du groupe», estime SNS Securities. Et pourtant, KPN maintient ses objectifs annuels à savoir: 4,7 à 4,9 milliards d’euros d’Ebitda, et 1,6 à 1,8 milliards d’euros de cash flow.
Le groupe invoque à la fois les difficiles perspectives économiques aux Pays-Bas et une gestion financière prudente afin de conserver sa notation de crédit (BBB/Baa2) et d’améliorer sa flexibilité financière. De fait, le groupe ne tient pas son objectif de ratio dette nette sur Ebitda de 2 à 2,5, avec un niveau de 2,6 fin juin. Or, en coupant son dividende le groupe économisera 780 millions d’euros de cash cette année, a précisé son directeur financier, Eric Hageman.
«KPN s’est résolu à l’inévitable, estime un analyste de Bernstein. Il semble que son nouvel actionnaire s’apprête à replacer la gestion du groupe dans une perspective de long terme.» Le milliardaire Carlos Slim vient en effet de prendre 27,7% du capital de KPN, après avoir lancé une OPA partielle, «sous-estimant substantiellement» la valeur du groupe avait alors déclaré KPN. Aujourd’hui, l’heure est au «dialogue constructif», même si les intentions de Carlos Slim ne sont pas claires. Pour le moment, l’opérateur néerlandais vient de lancer le processus de cession de sa filiale belge Base. KPN pourrait en retirer 1,8 milliard d’euros selon des sources citées par Bloomberg.
«Alors que la visibilité reste limitée sur l’opérationnel et que le discours du management nous semble peu cohérent (guidance réitérées mais dividende coupé), KPN ne mérite pas la prime dont le titre jouit», conclut Oddo.
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