KPN discute d’une fusion en Allemagne avec Telefonica pour échapper à America Movil
KPN n’a pas l’intention de voir l’homme d’affaires mexicain Carlos Slim devenir son principal actionnaire avec 28% du capital. L’opérateur en télécoms néerlandais l’a réaffirmé haut et fort vendredi, en demandant aux actionnaires de ne pas apporter leurs titres à l’offre partielle lancée par America Movil. Le conseil de surveillance du groupe a officiellement demandé à la direction de réfléchir à toutes les solutions pour contrer cette irruption, jugée «trop basse» et «opportuniste».
Des contacts auraient été noués avec des fonds souverains, asiatiques et moyen-orientaux. Mais la principale mesure de défense tourne autour de l’allemand E-Plus, premier actif de KPN. La mission officielle confiée à la direction est de «faire ressortir la valeur intrinsèque des activités allemandes» de l’opérateur néerlandais.
Lors d’une conférence avec des analystes et des investisseurs, le directeur général de KPN, Eelco Blok, a reconnu des contacts avec l’espagnol Telefonica, également présent en Allemagne avec sa filiale O2 Germany dont il souhaite ouvrir le capital. Le directeur général de KPN a estimé à 4 milliards d’euros les synergies potentielles que pourrait générer un rapprochement entre E-Plus et O2 Germany. Réparties à parité, ces synergies représenteraient un gain de 1,4 euro par action KPN, soit 18% de sa valeur actuelle, et de 0,43 euro par titre Telefonica (4,8%).
Ensemble, E-Plus et O2 Germany, les numéros trois et quatre du marché allemand, dont les tailles sont à peu près équivalentes, créeraient le premier opérateur du pays, avec environ 40 millions de clients, devant T-Mobile et Vodafone (35 et 36 millions). Son chiffre d’affaires annuel estimé dépasserait 8,5 milliards d’euros, avec un excédent brut d’exploitation de 2,7 milliards. A 6 fois l’Ebitda, la valeur d’entreprise estimée du nouvel opérateur dépasserait 16 milliards d’euros, à comparer aux 11 milliards d’euros de capitalisation boursière actuelle de KPN.
KPN doit aller vite. L’offre d’America Movil s’éteint le 27 juin. D’ici là, les actionnaires de KPN pourraient être tentés d’apporter leurs titres au mexicain, empochant avec certitude 8 euros par action, contre un cours de 7,67 euros vendredi, quitte à profiter par la suite des synergies de l’éventuel rapprochement avec Telefonica.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Iran : en cas de nouveau bombardement, Mojtaba Khamenei menace les Etats-Unis d’une « riposte sans limite géographique »
Les déclarations de Mojtaba Khamenei, le Guide suprême iranien, ont eu lieu samedi 31 octobre, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’éviter la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Une délégation qatarie a ainsi rejoint Téhéran vendredi -
Mobilisation du 31 octobre : les défilés sont globalement calmes dans les grandes villes, la situation se tend à Marseille
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Des manifestations ont lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Guéret, Pau, etc. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public -
Brésil : Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté son pays afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram