Johnson & Johnson met son trésor de guerre à contribution pour se diversifier
Johnson & Johnson passe à l’offensive. Le groupe américain diversifié dans la santé, qui doit publier aujourd’hui ses résultats trimestriels, négocie en effet la plus importante acquisition de son histoire. En réponse à des spéculations de marché, c’est la cible, le spécialiste américano-suisse du matériel médical Synthes, qui a fait part hier des discussions, précisant que leur issue restait incertaine.
L’opération alimente la fièvre des rapprochements sévissant dans le secteur de la santé, sous l’impulsion tout d’abord de groupes pharmaceutiques en quête de diversification du fait de l’expiration de brevets. J&J revient ainsi sur le devant de la scène quelques années après avoir perdu contre Boston Scientific la bataille pour le contrôle de Guidant. Et Synthes, dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 3,7 milliards de dollars l’an passé, avait déjà bénéficié la semaine dernière à la Bourse de Zurich de rumeurs d’intérêt de la part de son concurrent américain Medtronic. Dans cette course à la taille, Johnson & Johnson dispose d’un atout de poids avec une trésorerie et des placements à court terme mobilisables de quelque 27,7 milliards de dollars fin 2010. De quoi envisager l’acquisition de Synthes, dont la capitalisation boursière s’élevait vendredi dernier à 18,4 milliards.
Diverses sources, à commencer par le Wall Street Journal en fin de semaine dernière, faisaient état d’une offre de 20 milliards de dollars. Le prétendant doit en premier lieu séduire le président de sa cible, Hansjörg Wyss, qui détient 40% du capital, ainsi que les trusts de la famille Wyss (8%) ou le gestionnaire MFS (6%). Mais le montant évoqué, qui représenterait une prime de 8%, est «beaucoup trop faible» aux yeux de Sibylle Bischofberger de la Banque Cantonale de Zurich. Surprise par l’annonce des négociations du fait de l’attachement du président à son groupe, l’analyste mise sur une prime d’«au moins 20%».
Une fois une offre éventuellement formulée publiquement par Johnson & Johnson, la bataille d’enchères pourrait donc faire rage. Après un bond de 6,2% vendredi, le titre Synthes a encore gagné 5,62% hier à 146,5 francs suisses (114,8 euros). Ainsi, au-delà même de l’animation du secteur de la santé, les opérations de fusions-acquisitions «restent un soutien important au marché», particulièrement aux Etats-Unis, comme le souligne Aurel.
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