Jefferies souffle le chaud et le froid sur les perspectives des BFI
Le premier indicateur de l’activité trimestrielle des banques de financement et d’investissement (BFI) américaines est tombé et il s’avère mitigé. Avant le coup d’envoi des publications de résultats financiers des grandes banques, qui sera donné le 12 avril par JPMorgan, Jefferies a fait état d’une chute de 16,5% de son chiffre d’affaires, sur un an glissant, au titre du premier trimestre de son exercice décalé, clos le 28 février, à 685,7 millions de dollars (611 millions d’euros).
Cette contre-performance provient de la division de banque d’investissement (conseil et marché primaire) de la boutique américaine, dont les revenus ont plongé de 35,9%, à 278 millions de dollars. Un niveau «inférieur à la normale», reconnaît dans un communiqué Jefferies, qui invoque les mauvaises conditions de marché de décembre et la fermeture partielle des administrations américaines (shutdown) en fin d’année dernière et en janvier. Dans le détail, le chiffre d’affaires tiré des marchés de capitaux (pilotage d’introductions en Bourse, d’émissions obligataires, etc.) a décroché de 58%, et celui du conseil, par exemple en fusions-acquisitions, a reculé de 6%. Mais Jefferies se veut optimiste. «Ces résultats ne préjugent pas de la tendance à venir (…). Avec la fin du shutdown, (…) notre activité a retrouvé un rythme plus normal. Les perspectives de la banque d’investissement en matière de levées de capitaux et de fusions-acquisitions sont robustes et l’environnement de trading est bon», affirment Rich Handler et Brian Friedman, respectivement directeur général et président de Jefferies, cités dans le communiqué. A noter que l’activité de trading a crû de seulement 0,7% sur le trimestre passé, à 371,3 millions d’euros.
«Les propos de Jefferies laissent penser que les grandes banques d’investissement ont terminé le premier trimestre sur une note plus favorable qu’elles ne l’avaient démarré, d’autant plus que l’effet de base en mars doit être plus favorable», décryptent les analystes de Bloomberg Intelligence. Quelques semaines plus tôt, JPMorgan et Citigroup avaient esquissé un bilan moins encourageant du premier trimestre 2019 : la première avait avertid’une baisse de 15% à 19% des revenus de son activité de courtage, en rythme annuel, en raison des devises et des marchés émergents et la seconde avait déclaré s’attendre à un recul de près de 10% du chiffre d’affaires de ses métiers de trading.
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