JCDecaux s’intéresse à l’affichage du groupe CBS qui devrait être mis en vente
JCDecaux a pleinement profité du rebond de l’activité enregistré l’an dernier sur ses trois segments de marché (mobilier urbain, transport, affichage). Avec un chiffre d’affaires annuel en progression de 22,5% à 2,35 milliards d’euros (+9,1% en organique), le leader mondial de la communication extérieure a plus que doublé son bénéfice d’exploitation à 279 millions. La marge brute, légèrement supérieure au consensus, atteint 23,6% contre 20,4% un an auparavant «grâce au succès du plan d’optimisation des coûts mis en place fin 2008 et aux effets positifs des nouveaux contrats», notamment dans le ferroviaire au Royaume-Uni, souligne le groupe. Il s’attend à une croissance interne de son chiffre d’affaires de 6% à fin mars 2011.
La baisse de 46,5% de l’endettement net en un an, à 359 millions fin 2010, a surpris les analystes par son ampleur. Elle est due à une moins forte intensité capitalistique (6,6% du chiffre d’affaires, au plus bas depuis dix ans) et à un BFR plus favorable que prévu, d’où un doublement du cash flow disponible à 327 millions. Contrairement aux attentes, le groupe ne proposera pas de dividende au titre de 2010 car il souhaite conserver une flexibilité suffisante «pour saisir les opportunités de consolidation qui pourraient se présenter», a déclaré le président du directoire, Jean-Charles Decaux.
Celui-ci n’a pas caché qu’en cas de cession des activités affichage de CBS, au troisième rang mondial mais récemment qualifiées de «non stratégiques» par le groupe de médias américain, JCDecaux étudierait le dossier, sans compromettre sa notation en catégorie investissement. Outre une trésorerie de 211 millions d’euros à fin décembre, il «dispose de lignes de crédit confirmées non tirées d’environ 850 millions d’euros», a indiqué le directeur financier Laurence Debroux.
La concurrence pour ce rachat pourrait provenir des américains Clear Channel et Lamar, numéro 2 et 4 mondiaux, ainsi que du private equity. Etant donné que la famille Decaux détient 71% du capital, on juge chez BoA-Merrill Lynch qu’il y a «peu de sociétés dans lesquelles les intérêts de la direction sont aussi proches de ceux des actionnaires» et que ses dirigeants «ne concluront une transaction que s’ils l’estiment fortement créatrice de valeur».
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