Interparfums et Burberry s’engagent dans un bras de fer sur l’estimation de leur licence
La menace se précise pour Interparfums. La société de parfums a annoncé hier être en discussions avec Burberry pour la création d’une nouvelle entité dédiée à l’activité «parfums et cosmétiques». Or, dans le même temps, la marque britannique a décidé d’exercer son option pour évaluer le prix de sa licence s’il se décidait, d’ici à fin 2012, à la racheter.
Le prix proposé sera donc déterminant, et «le bras de fer devrait s’avérer tendu» estime Natixis. D’un côté, Burberry a décidé d’exercer un contrôle plus strict de ses activités de franchise, et de l’autre le PDG d’Interparfums, Philippe Bénacin, a indiqué au Figaro qu’il souhaitait garder le contrôle opérationnel d’une éventuelle coentreprise avec son partenaire britannique.
L’enjeu est crucial pour Interparfums, Burberry représentant aujourd’hui 60% de ses ventes, soit 184,7 millions d’euros en 2010 (et 210 millions en 2011 selon Oddo Securities) avec une marge opérationnelle qui pourrait tomber de 11,4% à 9% en cas de rupture de contrat. Les analystes estiment à 200 millions d’euros le droit de sortie à payer par la marque britannique pour l’arrêt du contrat, soit près de 10 euros par titre Interparfums. Une valorisation du groupe français sans Burberry est estimée à 15-16 euros par CM-CIC, et à 19 euros par Oddo Securities. Les investisseurs ont d’ailleurs intégré ces paramètres en sanctionnant lourdement le titre, en baisse hier de 13,63% à 13,86 euros.
D’un autre côté, la société française s’est engagée dans une stratégie de diversification visant à alléger le poids de Burberry dans ses ventes. Outre Burberry, Interparfums conçoit les jus pour les marques Jimmy Choo, Montblanc, Lanvin ou Van Cleef & Arpels. Il vient également de remporter le contrat de licence du premier parfum Repetto prévu pour 2013 et doit lancer les nouveaux parfums de Balmain et Boucheron l’an prochain.
Oddo Securities estime que la forte proportion de coûts variables (80%) devrait permettre à la société de rester largement rentable en cas de perte de cette licence. Une opinion partagée par Natixis qui estime que les 200 millions de dédommagement donneraient «une marge de manœuvre conséquente pour compenser, à terme, le manque à gagner provenant de la perte de sa licence Burberry». CM-CIC estime néanmoins la valorisation des licences Interparfums hors Burberry à 5-6 euros par action.
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