Internet fait tomber des barrières dans le luxe
Le luxe se convertit aussi au corporate venture. LVMH a annoncé la semaine dernière la constitution d’un véhicule dédié à l’investissement dans des marques de luxe émergentes. LVMH Luxury Ventures sera initialement doté de 50 millions d’euros et dirigé par Julie Bercovy, l’une des responsables des opérations de fusion-acquisition du groupe.
Un signe de la préoccupation grandissante des plus grands noms du luxe face à l’émergence de nouvelles marques qui, tout en devenant des cibles potentielles, peuvent constituer de dangereux concurrents grâce à l’irruption du numérique.
Le compte Instagram d’Anastasia Beverly Hills, une marque de maquillage californienne vendue en exclusivité depuis peu chez Sephora (réseau de distribution de LVMH) affiche ainsi près de 13 millions d’abonnés, presque autant que les 14,6 millions de Louis Vuitton, principal contributeur aux profits de LVMH.
L’usage du numérique modifie également le modèle économique traditionnel du luxe. L’équilibre du secteur a toujours été caractérisé par des coûts fixes élevés compensés par d’importantes marges brutes. L’intégration du réseau de distribution et la nécessité d’avoir les meilleurs emplacements ont fait monter ces dernières années les coûts de mise en vente (COGS) entre 10% et 15% du prix de vente des articles, indiquent les analystes d’Exane BNP Paribas dans une étude récente.
Ces coûts, amortissables par les grandes marques, constituaient historiquement une importante barrière à l’entrée pour le secteur du luxe. Mais aujourd’hui, Internet permet au plus petites marques de lever une partie de cet obstacle en donnant immédiatement accès au consommateur. Ces acteurs émergents peuvent également s’appuyer sur les mêmes sous-traitants indépendants (tanneurs, tailleurs, horlogers…) qui travaillent pour les grandes marques de luxe, ce qui explique d’ailleurs la politique de certains grands noms du luxe, comme Hermès, d’intégrer au maximum leur chaîne de fabrication pour conserver le caractère unique de leurs articles.
Ces nouveaux modèles sont en mesure, selon Exane BNP Paribas, d’offrir, à qualité de produits équivalente, des prix de vente deux fois inférieurs et de générer des marges substantielles. Pour un groupe de luxe traditionnel, un article vendu 100 rapporte 30 d’Ebitda. Les nouveaux entrant peuvent obtenir 18 de marge avec un produit vendu 50.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse