Infineon entretient l’effervescence sur le marché des semi-conducteurs
Traditionnellement prudent dans sa politique de croissance externe, Infineon ne va pas hésiter à débourser 3 milliards de dollars (2,25 milliards d’euros) en numéraire pour s’emparer de l’américain International Rectifier, spécialisé dans les puces analogiques. Cette acquisition annoncée la semaine dernière, la plus importante de son histoire, constitue également la troisième plus grande transaction du secteur derrière le rachat de National Semiconductor par Texas Instruments pour 6,4 milliards de dollars en 2011, et celui de LSI par Avago Technologies pour environ 6 milliards de dollars fin 2013.
La prime, qui s’élève à 47,7% par rapport au cours moyen d’International Rectifier sur les trois derniers mois, s’explique par la nécessité d’une plus grande consolidation sur ce segment de marché dont la croissance est faible mais qui reste indispensable à la gestion des flux d’énergie dans de nombreuses industries (informatique, automobile, éclairage, électroménager, aéronautique…).
Financé sur la trésorerie du groupe allemand et grâce à une ligne de crédit de 1,5 milliard d’euros intégralement souscrite, ce rachat fait ressortir pour la cible «une valeur d’entreprise représentant deux fois ses ventes et 16 fois son bénéfice opérationnel à l’horizon 2015», selon les calculs d’Exane BNP Paribas. Infineon justifie ce prix élevé par «des économies d’échelle accrues et une présence régionale renforcée aux Etats-Unis ainsi qu’en Asie-Pacifique».
Infineon a précisé qu’il souhaitait aligner au bout de deux ans la marge opérationnelle du groupe américain sur l’objectif de 15% qu’il s’est lui-même assigné dans cette activité sur l’ensemble d’un cycle économique. Sur un marché des composants électroniques de puissance pesant 15 milliards de dollars en 2012, sa part de marché passera de 11,8% à 17,2% en données pro forma après la clôture de l’opération attendue d’ici au début de l’an prochain. Ses deux plus proches concurrents, Toshiba et Mitsubishi, en détiennent environ 7% chacun.
Une semaine avant l’annonce d’Infineon, Intel avait de son côté indiqué qu’il allait racheter en cash pour 650 millions de dollars Axxia, division d’Avago Technologies spécialisée dans les puces pour réseaux, qui appartenait à LSI. «Les sociétés de taille moyenne, correspondant à une capitalisation boursière d’environ 2 milliards de dollars, devraient constituer les prochaines cibles», pronostique Kevin Cassidy, analyste chez Stifel Financial à Washington.
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