Iliad sort de son aventure américaine affublé d’une décote boursière
En faisant bondir de 9,57% le cours de l’action Iliad mardi, la Bourse a clairement exprimé son soulagement après l’abandon du projet d’acquisition de T-Mobile US, la filiale américaine de Deutsche Telekom. Dévoilées en plein cœur de l’été, ces ambitions n’avaient jamais convaincu. «Nous considérions le projet de racheter T-Mobile US comme un élément de risque pesant sur le dossier Iliad sur fond de visibilité insuffisante sur le potentiel de création de valeur aux Etats-Unis, d’effort financier excessif et de distraction des ressources critiques, humaines et financières, par rapport au marché français», résumaient hier les analystes d’UBS.
Le courtier, ainsi que plusieurs de ses confrères, comme Kepler Cheuvreux, RBC ou Natixis, ont relevé hier leur conseil sur Iliad.
Pour autant, même abandonné, ce projet de 18 milliards de dollars a mis en lumière les ambitions de développement à l’étranger de Xavier Niel, le premier actionnaire d’Iliad, ce qui modifie le profil de risque d’un groupe construit jusqu’à présent sur la conquête de parts de marché en France. «Nous appliquons une décote relativement limitée de 10% traduisant une légère inquiétude de notre part», soulignent ainsi les analystes d’Exane BNP Paribas. «La capacité d’Iliad à relever des défis entrepreneuriaux qui semblent démesurés fait partie de l’ADN du groupe et oublier cette composante serait s’exposer à de nouvelles surprises», prévient pour sa part Oddo, même si le courtier rappelle que le cas T-Mobile US illustre la discipline financière de la direction.
Pour Kepler Cheuvreux, l’abandon du rêve américain ne règle pas tout. Pour justifier ses ambitions sur T-Mobile US, Xavier Niel avait notamment invoqué la volonté du groupe de trouver de nouveaux relais de croissance face à la saturation du marché français. Du coup, «les multiples de croissance sont difficiles à justifier», indique Kepler Cheuvreux. Ensuite, la perspective d’une concentration du marché mobile français, qui avait propulsé le cours de l’action Iliad à un record de 238,70 euros avant l’été, s’est dégradée à court terme. Bouygues Telecom, le plus faible du marché, ne cesse de réaffirmer sa volonté d’indépendance. Revenu hier soir à 171,10 euros, le cours d’Iliad devrait donc peiner pour retrouver les 205 euros de l’été dernier avant l’annonce du projet T-Mobile US.
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