Iliad promet de doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2015 grâce à Free Mobile
Iliad continue de se démarquer sur le marché des télécoms. Alors que tous ses concurrents, France Télécom, SFR et Bouygues Telecom, montrent des signes de fatigue à différents niveaux, le groupe connu pour sa marque Free a dégagé au premier semestre 2011 la meilleure marge opérationnelle (Ebitda) de son histoire : 40%, contre 38,6% un an auparavant. A titre de comparaison, celle de France Télécom dans le fixe en France s’élevait à 36,9% au premier semestre, en baisse de 1,3 point. Celle de SFR, toujours dans le fixe, n’est que de 19,5%.
Si la hausse du chiffre d’affaires (+2,6% à 1,04 milliard d’euros) explique une partie de l’amélioration, le gros de l’effet de levier vient de la réduction des charges. Les coûts opérationnels ne représentent plus que 60% du chiffre d’affaires, contre 63% en juin 2010 et 68% en juin 2009, grâce à une baisse des tarifs régulés d’accès au réseau et à l’implantation de 250 nouveaux répartiteurs, ce qui permet de gérer le client sans passer par les installations de France Télécom. Le taux de dégroupage atteint ainsi 90,8%. Selon Thomas Reynaud, le directeur financier d’Iliad, la marge opérationnelle devrait se maintenir à ce niveau au second semestre.
Ces résultats meilleurs qu’attendu ont assez peu d’effet sur le cours de Bourse. Hier, le titre a gagné 2,38% à 85,54 euros et progresse de 5% depuis le 1er janvier. «Alors que certains perdent des abonnés, des bénéfices ou utilisent leur cash pour racheter leurs actions, nous, nous investissons dans un nouveau réseau de téléphonie mobile qui doit nous permettre de doubler de taille d’ici à 2015. Et pourtant notre valorisation est exécrable puisqu’elle attribue une valeur négative à notre projet dans le mobile», s’agace Xavier Niel, le fondateur et premier actionnaire d’Iliad.
Le groupe allemand Kabel Deutschland affiche un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 8 fois pour 2012, soit environ un point de plus que le ratio d’Iliad. Mais la marge opérationnelle du câblo-opérateur est 5 points plus élevée que celle du groupe français. Si le financement du projet mobile semble actuellement sous contrôle - Iliad a dégagé un cash-flow positif au premier semestre - les investisseurs attendent un peu plus de visibilité sur l’ouverture du réseau et sa future rentabilité. Or, sur ces deux points, la direction d’Iliad reste encore totalement muette, renvoyant à début 2012.
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