IAG abandonne toute prévision sur son bénéfice d’exploitation pour 2013

La hausse des charges de personnel a creusé la perte d’exploitation hors exceptionnels du transporteur anglo-espagnol au premier trimestre
Yves-Marc Le Reour

En faisant grimper l’action IAG de plus de 50% depuis le début de l’année, les investisseurs ont sans doute été trop optimistes sur le rythme de redressement de l’entreprise née de la fusion entre British Airways (BA) et Iberia. Malgré une hausse de 3,9% de sa recette unitaire par passager d’une année sur l’autre, la holding affiche au premier trimestre une hausse de son chiffre d’affaires de seulement 0,5% à 3,9 milliards d’euros, à la suite des effets de change négatifs à hauteur de 46 millions et d’une chute de 8% de ses volumes de fret.

Arguant de la nécessité d’obtenir l’aval de ses actionnaires pour des commandes destinées à rajeunir sa flotte britannique, IAG abandonne toute prévision de résultat pour l’exercice 2013, alors qu’il s’attendait fin février à un bénéfice d’exploitation hors exceptionnels supérieur aux 485 millions d’euros dégagés en 2012. Le directeur général Willie Walsh entend néanmoins «réduire les capacités de transport du groupe cette année et stabiliser son coût unitaire hors carburant par rapport à l’an dernier».

Si les frais de carburant ont baissé de 3,4% au premier trimestre, la structure de coûts a été pénalisée par la hausse de 3,7% des charges de personnel en rythme annuel, en raison «de recrutements effectués par BA en prévision de la livraison de nouveaux avions cette année» et d’un décalage dans la mise en œuvre du plan de réduction des effectifs d’Iberia. La perte d’exploitation, hors éléments exceptionnels, s’est donc creusée à 278 millions, contre un déficit de 250 millions attendu par le consensus Bloomberg et un résultat négatif de 249 millions enregistré au premier trimestre 2012.

A cela s’ajoute une charge non-récurrente de 311 millions, principalement liée à la restructuration de la compagnie espagnole qui a connu des arrêts de travail au cours de l’hiver. Visant des économies de 600 millions d’ici à 2015, ce plan va finalement se traduire par 3.100 suppressions d’emplois, soit 18% de moins que la perte de 3.800 postes initialement envisagée, suite à un accord avec un médiateur nommé par Madrid.

«Même si le premier pas a été effectué dans la restructuration d’Iberia, du travail reste à faire», souligne Willie Walsh. Bien qu’IAG ait porté fin avril de 45,9% à 90,5% sa participation au capital de Vueling, la compagnie à bas coûts restera une entité juridiquement indépendante.

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