Honeywell s’étend dans les compteurs de gaz
L’annonce du rachat par Honeywell de l’entreprise spécialisée dans les compteurs de gaz et d’électricité Elster pour 3,3 milliards de livres à Melrose Industries a fait grimper de près de 10% le cours de cette dernière à la Bourse de Londres. L’opération est juteuse pour Melrose, qui s’est spécialisée dans le redressement d’entreprises industrielles. Aux 3,3 milliards de livres (4,7 milliards d’euros) qu’elle recevra à l’issue de la transaction s’ajoutent 900 millions de livres d’engagements pour des régimes de retraite pris en charge par l’industriel américain.
Melrose, qui fonctionne de fait comme un fonds d’investissement, avait acquis Elster en 2012 pour 1,8 milliard de livres. La société compte désormais reverser 2 milliards à ses actionnaires d’ici au deuxième trimestre 2016. Pour les analystes d’Investec, «la vente surprise d’Elster représente un excellent résultat pour Melrose». L’entreprise anglaise a précisé lors de la présentation parallèle de ses résultats semestriels qu’elle recherchait une nouvelle cible à reprendre, plus petite et mieux positionnée qu’Elster, qui représentait la majorité de son activité.
Pour Honeywell, qui opère dans l’aérospatial, la robotique, l’énergie et la chimie, Elster vient diversifier encore ses activités. Avec 6.800 employés et une forte présence aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, «Elster représente une nouvelle plate-forme d’opportunités pour des acquisitions ciblées qui viendront ajouter à sa croissance et à sa présence globale» a commenté le PDG d’Honeywell, David Cote, dans un communiqué. L’opération devrait avoir un léger effet dilutif sur le bénéfice par action en 2016 d’Honeywell, qui paie sa prise l’équivalent de 12,6 fois l’Ebitda prévu en 2015.
Avec cette acquisition, le groupe américain poursuit une stratégie de croissance externe et de développement de nouvelles lignes de produits défendue par son dirigeant David Cote, sous lequel le conglomérat a effectué plus de 80 acquisitions, d’une valeur moyenne de 170 millions de dollars. A contre-courant des tendances actuelles, David Cote s’est engagé en 2014 à dépenser en cinq ans 10 milliards de dollars en acquisitions, déclarant en mai dernier qu'à 80% du temps, les rachats d’actions étaient effectués au mauvais moment.
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