Hochtief protège sa solvabilité avant sa prise de contrôle par ACS
Possédant 29,4% des droits de vote de Hochtief quelques heures avant l’expiration de son offre d’échange de titres, l’espagnol ACS est déjà assuré atteindre les 30% du capital nécessaires pour prendre le contrôle de son concurrent allemand. Il avait en effet reçu la semaine dernière le soutien du fonds américain Southeastern Asset Management, actionnaire d’ACS et de Hochtief, qui possède 2,5% du capital du groupe de construction allemand.
Afin de minimiser l’impact financier de ce rachat hostile, Hochtief a donc modifié les clauses relatives au changement d’actionnariat majoritaire dans ses contrats avec ses créanciers. «Nous avons lancé lesdits accords barrières», a déclaré hier son directeur financier Burkhard Lohr dans un entretien au Börsenzeitung. «Ce sont des accords entre les créanciers et notre société, qui protègent la direction de l’obligation de signer des accords avec ACS qui pourraient nuire à la solvabilité de Hochtief», ajoute-t-il.
Le groupe allemand pourra ainsi continuer à avoir accès à des lignes de crédit totalisant 3,7 milliards d’euros qui seraient devenues caduques en cas de changement de contrôle si les clauses initiales avaient été maintenues. Burkhard Lohr a également affirmé que les prêteurs de Hochtief «étaient satisfaits de sa structure financière», en partie grâce à la vente début décembre, par augmentation de capital, d’une participation de 9,1% au Qatar. Une décision interprétée comme une mesure de défense contre son assaillant.
La modification de ces clauses lui évitera également d’avoir à payer un dividende exceptionnel à ACS. Ce dernier a l’intention de porter sa participation dans Hochtief à 50% par des rachats ultérieurs d’actions sur le marché, la législation allemande le dispensant de déclarer ces mouvements dès l’instant que le seuil de 30% est franchi. Avec un endettement net de plus de 9 milliards d’euros contre moins de 450 millions d’euros pour sa cible, ACS compte tirer parti de la structure de bilan bien meilleure de Hochtief pour réduire sa dépendance au marché espagnol de la construction, en augmentant la part des contrats internationaux.
En attendant l’annonce officielle du résultat de l’offre prévue le 4 janvier, l’action ACS a terminé en progression de 1,5% à 35,6 euros, tandis que celle de Hochtief restait quasiment stable à 63,64 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France