Hermès fait fi de la crise en portant sa marge opérationnelle à un niveau inédit
Hermès, porté par une demande de produits de luxe qui défie la crise européenne, a vu son résultat opérationnel 2011 grimper de 32,5% et sa marge atteindre un niveau record. Fort de ces résultats, le sellier de la rue du Faubourg Saint-Honoré, dans lequel le groupe LVMH détient une participation de 22,3%, a annoncé le versement d’un dividende exceptionnel de cinq euros par action. Le dividende ordinaire proposé sera de deux euros par action au titre de 2011, contre 1,5 euro au titre de 2010.
Le groupe avait publié début février un chiffre d’affaires annuel en hausse de 18,3% et avait dit anticiper une marge opérationnelle supérieure à 30%. Le résultat opérationnel dévoilé hier soir ressort à 885,2 millions d’euros, un chiffre supérieur au consensus Thomson Reuters I/B/E/S, qui était de 857 millions d’euros.
La marge opérationnelle gagne 3,4 points pour s'établir à 31,2%, un niveau jamais atteint par le groupe depuis son introduction en Bourse en 1993. Le groupe précise qu’il continuera d’investir dans ses capacités de production en 2012 et qu’il procèdera à l’ouverture ou à la rénovation d’une quinzaine de magasins. La croissance du groupe a été freinée l’an dernier par des capacités de production insuffisantes pour répondre à la demande, en particulier pour ses sacs de cuirs et ses carrés de soie.
Le résultat net progresse quant à lui de 40,9% à 594,3 millions d’euros (pour un consensus de 560 millions d’euros). Ce chiffre intègre une plus-value de cession brute de 29,5 millions d’euros tirée de la cession de la participation d’Hermès dans la maison Jean-Paul Gaultier. En l’espace de deux ans, le résultat net du groupe a doublé.
Le groupe de luxe précise que le montant total de ses rachats d’actions a atteint la somme de 286 millions d’euros en 2011 et que sa trésorerie nette a augmenté de 210 millions pour atteindre 1,04 milliard d’euros à fin 2011. En Bourse, avec un flottant réduit à moins de 4%, le titre évolue davantage au gré des spéculations qu’en fonction des données fondamentales. Il a clôturé mercredi à 244,25 euros (-1,25%), signant une hausse de 6% depuis le début janvier, pour une capitalisation boursière de quelque 26 milliards d’euros. Totalement décorrélés du secteur, ses multiples de valorisation atteignent 41 fois les bénéfices estimés pour 2012, contre 19 fois pour LVMH.
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