Heineken est prêt à payer cher pour contrôler le brasseur singapourien APB
La vitalité du marché de la bière en Asie attise la soif des brasseurs. Ainsi Heineken n’a pas hésité à lancer une contre-offre sur le groupe singapourien Asia Pacific Breweries (APB) le valorisant 12, 9 milliards de dollars de Singapour (8,4 milliards d’euros).
Le brasseur néerlandais, qui détient déjà 41,9% du capital d’APB, s’apprête à racheter les 39,7% du capital détenus par son partenaire Fraser&Neave (F&N) au prix de 50 dollars de Singapour par action APB, soit 11% de plus que l’offre de 45 dollars du milliardaire thaïlandais Charoen, et une prime de 45% sur le prix moyen des 30 derniers jours. Une offre sur les 18,4% de flottant suivra au même prix.
Heineken devra ainsi débourser 5,1 milliards de dollars de Singapour pour la participation de F&N, et 2,4 milliards de dollars pour le flottant, soit un total de 4,9 milliards d’euros. SNS Securities suppose que l’opération sera financée entièrement par la dette, ce qui fera passer le ratio dette sur Ebitda d’Heineken de 2,5 à 3,4. «Sur une base proforma, le groupe devrait générer 1,6 milliard d’euros de cash flow libre permettant de rembourser la dette additionnelle en trois ans», note CreditSights, estimant que cela devrait satisfaire les agences de notation.
Heineken «peut réussir avec son offre, mais à notre avis, ils vont devoir payer davantage que ce qu’ils offrent aujourd’hui», estime Nomura. Les analystes n’excluent pas en effet une irruption du brasseur japonais Kirin, ou de ThaiBev, malgré le prix déjà élevé. La transaction valorise APB 17 fois son Ebitda, or les opérations du secteur sur les cinq dernières années ont été réalisées sur la base d’un multiple moyen de 13, note Bloomberg.
Mais Heineken, avec une part de marché mondiale de 8,8%, a la plus faible exposition aux marchés émergents parmi les trois premiers acteurs mondiaux (AB InBev et SABMiller). «La pleine propriété d’APB permettra à Heineken d’accélérer son développement dans la région et de consolider à 100% APB», ajoute SNS Securities.
Après les récentes opérations de concentration dans le secteur, notamment avec le rachat par AB InBev des 50% non encore détenus du brasseur mexicain Modelo pour 20,1 milliards de dollars américains, «nous allons voir moins de fusions-acquisitions dans la bière, car il y en a moins à faire, mais les prix vont grimper», prévient Nomura.
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