Havas profite toujours en Bourse de la fusion annoncée entre Publicis et Omnicom
Trois semaines après l’annonce de son rapprochement avec Omnicom, Publicis ne parvient pas à convaincre les investisseurs. Le titre n’a cessé de reculer depuis début août, clôturant vendredi à 57,19 euros, 3,7% en dessous de son niveau d’avant l’offre. Or, sur la même période, le Stoxx 600 Media a pris 1,4% et le CAC 40, 2,5%.
«Les clients vont‐ils apprécier la naissance d’un nouveau géant? N’existe‐t‐il pas des risques de conflit d’intérêt? La culture d’entreprise entre les deux sociétés est‐elle si proche? s’interrogeait par exemple Aurel BGC dès l’annonce de l’opération. Maurice Lévy boucle sa carrière par un coup d’éclat, mais il faudra convaincre les marchés.» D’autant que depuis, un actionnaire d’Omnicom, Paul Ansfield, a saisi la justice new-yorkaise estimant que la fusion présentée «entre égaux» va léser les petits actionnaires d’Omnicom au profit de ceux de Publicis.
Dans ce contexte, Havas pourrait tirer un peu plus son épingle du jeu. L’action a rebondi de 3,5% à 5,60 euros depuis le 26 juillet, après avoir touché en séance un plus haut de 5,95 euros mi-août. Parmi les opportunités offertes par cette fusion, Havas, détenu à 37% par Bolloré, pourrait gagner de nouveaux clients et de nouveaux contrats, attirer des talents, et acheter des actifs dont la vente serait forcée par les activités antitrust, précisait CM-CIC début août.
Havas devrait apporter des précisions lors de la publication de ses semestriels, vendredi après Bourse. «Après avoir sous-performé au premier trimestre, Havas devrait à nouveau faire moins bien que ses pairs au deuxième trimestre, avec une croissance organique estimée à 1% seulement, note Gilbert Dupont. Havas paie là le prix d’une politique M&A trop prudente (40 millions d’euros investis en deux ans au lieu des 750 millions annoncés sur 2011-2013), qui l’a conduit à être trop faiblement exposé aux deux vecteurs de croissance que sont les émergents et le digital.» L’intermédiaire, passé d’«accumuler» à «alléger» sur le titre, s’inquiète aussi de «l’essoufflement du levier opérationnel» d’Havas et estime que sa rentabilité pourrait reculer cette année de 0,3 point à 13,2%. En revanche, «après deux trimestres un peu décevants pour Havas, nous attendons une amélioration de l’activité trimestre après trimestre sur 2013 et une nette progression de la rentabilité», notait au début du mois CM-CIC.
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