Guy Wyser-Pratte reste à la porte du conseil de PagesJaunes
L’AG du groupe, rebaptisé Solocal, a refusé la nomination de l’activiste. Ce dernier promet de poursuivre son combat contre Cerberus
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Olivier Pinaud
Un peu plus de trois heures de débats, deux résolutions inopinées présentées en séance, une réunion express du conseil d’administration mais au final aucune révolution. L’assemblée générale de PagesJaunes, désormais nommé Solocal, a rejeté l’entrée au conseil d’administration de Guy Wyser-Pratte et de son associé Pierre Nollet, à 83% et 94% respectivement. Les actionnaires du groupe de médias ont en revanche approuvé la nomination des deux représentants de Cerberus, le premier actionnaire, de celui du holding Mediannuaire, contrôlé par Cerberus, et des cinq autres administrateurs indépendants.
«Mon combat ne s’arrête pas là», a promis Guy Wyser-Pratte à la fin de l’assemblée générale, en annonçant la création prochaine d’un comité de défense des actionnaires minoritaires de Solocal. L’activiste américain fonde son combat sur les 16% de votes favorables obtenus par la résolution proposant son entrée au conseil, soit «quasiment autant que le poids de Cerberus si on exclut ses droits de vote double».
Cette question des droits de vote double concentre une partie de l’opposition du camp Wyser-Pratte. L’un de ses associés, Jacques-Henri David, a déposé en cours de séance une résolution demandant la révision des statuts de Solocal sur les droits de vote double. Son objectif? Faire tomber les pouvoirs dont bénéficie Cerberus. Finalement, la résolution n’a pas été soumise au vote, car une première résolution, présentée auparavant par la société, avait déjà modifié les statuts en question, faisant tomber le projet présenté en AG.
Derrière cet échange juridique entre les deux camps se cache une question plus large sur la règle concernant les droits de vote double, censés favoriser les actionnaires de long terme. Le cas Solocal montre que l’esprit du dispositif peut être légalement contourné.
Malgré une présence de seulement quelques semaines au capital, le fonds américain détient en effet depuis le 1er mai 27,94% des droits de vote de Solocal pour seulement 18,49% du capital. Une position tout à fait légale, dont disposait en fait la holding Mediannaire contrôlée désormais par Cerberus.
Mais cela montre que le rachat d’un actionnaire de tête disposant de droits de vote double permet à un nouvel entrant de disposer de ces pouvoirs renforcés. L’Autorité des marchés financiers a été alertée sur cette question.
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