GDF Suez négocie à bon prix l’entrée du consortium public dans GRTgaz
Une équation financière réussie pour GDF Suez. En vendant 25% de sa division de gaz naturel (GRTgaz) au consortium public formé de CNP Assurances, de CDC Infrastructures et de la Caisse des Dépôts, l’énergéticien français récoltera bien plus que le prix de vente de 1,11 milliard d’euros.
Dans un premier temps, GDF Suez percevra un dividende exceptionnel de 800 millions d’euros, qui s’ajoutera au dividende ordinaire de l’ordre de 300 millions, GRTGaz ayant dégagé l’an dernier un résultat net de 316 millions. Dans une deuxième phase, le consortium acquerra pour 810 millions d’euros d’actions GRTGaz. Puis, le consortium souscrira à une augmentation de capital réservée de 300 millions. La finalisation de l’opération est attendue au second semestre. Pour ce montage financier, GDF Suez a été conseillé par BNP Paribas et Rothschild, tandis que Nomura est l’unique banque conseil du consortium public. Par la suite, GRTgaz rachètera les participations de GDF Suez en Allemagne (GRTgaz Deutschland et MEGAL) et en Autriche (BOG) «pour 361 millions d’euros (318 millions de capitaux propres et 43 millions de dette)», confie une source proche du dossier.
Alors que GRTgaz affiche une base d’actifs régulés (BAR) de 6,5 milliards d’euros fin 2010, pour une dette nette de 2 milliards, le consortium public offre une prime de 13 à 16% sur la BAR, selon les sources. Pour Aurel BGC, l’opération se réalise «avec une prime de 17% sur la valeur de la BAR et avec un multiple d’Ebitda de 9,5 fois la valeur d’entreprise, soit une prime de 10% environ sur les multiples appliqués aux comparables cotés. De notre point de vue la cession se fait sur des multiples attractifs». La prime sur la BAR «ressort à 16% et le ratio valeur d’entreprise sur Ebitda à 9, confie un autre analyste. Une opération correctement valorisée, ce qui est surprenant de la part d’un opérateur public, d’autant que le marché ne s’attendait qu’à une très légère prime».
Cette cession s’inscrit dans le plan de 10 milliards d’euros de cessions d’ici à 2013 annoncé par GDF Suez. «D’un point de vue stratégique, nous ne voyons pas une telle démarche comme positive, car elle privera GDF Suez de revenus d’infrastructure stables et visibles», note cependant Kepler. Mais «ce partenariat ingénieux va permettre à GDF Suez de conforter un bilan déjà très solide et d’adosser des activités régulées du groupe, fortement consommatrices de capitaux, à une entité publique», relève Natixis.
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