GDF Suez devrait s’employer à réduire sa base de coûts en Europe

Confronté à la crise en Europe, le groupe pourrait durcir son programme d'économies et simplifier sa structure afin de sécuriser son dividende
Olivier Pinaud

L’heure n’est plus à l’expansion chez GDF Suez. Selon de nombreux analystes, le groupe d’énergie devrait annoncer un durcissement de son programme de réductions des coûts en Europe jeudi, à l’occasion de sa conférence avec les investisseurs. La faiblesse de la consommation énergétique en Europe pèse lourdement sur la rentabilité de la division. Les analystes de Credit Suisse s’attendent à ce que la division Energie Europe voie disparaître 500 millions d’euros d’Ebitda en deux ans. Sans parler des risques de fermeture des centrales nucléaires exploitées par le groupe en Belgique.

Ces dernières années, GDF Suez a multiplié les investissements pour réduire cette dépendance à l’Europe qui représente encore 75% de son Ebitda. En 2012, environ 68% de ses capitaux employés l’ont été en Europe, contre une proportion de 85% en 2007-2008, rappelle Citi.

Mais en attendant que ces nouveaux projets contribuent suffisamment à l’Ebitda, le groupe devra accentuer ses efforts pour trouver les centaines de millions manquants afin de compenser le déclin de l’Europe.

Les analystes de Credit Suisse s’attendent ainsi à un objectif d’environ 1 milliard d’euros par an d’économies entre 2013 et 2015 contre 600 millions prévus en 2012 dans le cadre du plan en cours. Avis partagé par Citi. La banque américaine souligne que la structure de coûts de la division Energie Europe approche les 3 milliards d’euros. L’allemand E.ON ayant annoncé une baisse de 14% de sa base de coûts, cela équivaudrait pour GDF Suez à réduire la sienne de 400 millions d’euros supplémentaires.

Cette rigueur budgétaire devra également sécuriser la capacité de distribution du dividende du groupe, alors que les dernières économies ont pour la plupart été absorbées par les conséquences financières de la réglementation. Le groupe souffre déjà d’une importante décote par rapport au secteur, de l’ordre de 50% selon Credit Suisse, en raison de doute sur la «soutenabilité» du dividende, absorbant à lui seul près du tiers de l’Ebitda.

Des cessions d’actifs supplémentaires pourraient également contribuer à rétablir la balance alors que le rachat d’International Power peine à convaincre les investisseurs. La prime dont bénéficiait GDF Suez avant cette opération a depuis totalement fondu.

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